Les manchots royaux diminués par les bagues

Une étude franco-norvégienne révèle que les manchots royaux dotés de bague à l'aileron ont plus de mal à se reproduire et vivent moins longtemps que leurs congénères non bagués.

manchots royaux
Couple de manchots royaux. © Alice Aubert

Depuis dix ans, les manchots bagués à l'aileron (impossible de le faire à la patte pour des raisons anatomiques) ont un taux de survie de 16 % inférieur à leurs congénères non bagués, qui plus est cette bague réduit de 39% leur succès reproducteur. Ce bilan plutôt inquiétant émane d'une étude franco-norvégienne menée par Yvon Le Maho, chercheur CNRS à l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien et membre de l'Académie des Sciences sur une colonie de cent manchots royaux sur l'Ile de la Possession dans les Terres Australes. Les résultats de ces travaux sont publiés aujourd'hui dans la revue Nature.

Pendant dix ans, les chercheurs ont suivi 100 manchots royaux équipés d'une étiquette électronique sous cutanée parmi lesquels la moitié portait en plus une bague alaire. Afin d'enregistrer les paramètres de reproduction et de survie, les scientifiques ont disposé entre le lieu de vie terrestre et la mer, des antennes enterrées dans le sol. Ce suivi par radiofréquences a révélé que les manchots royaux bagués se reproduisaient plus tardivement car leurs voyages alimentaires durent plus longtemps. De plus, les manchots royaux bagués éprouvent plus de mal à s'adapter aux conditions environnementaux défavorables (température de l'eau froide et faible abondance de la nourriture) que ceux non bagués. 

Cette étude réfute donc l'hypothèse d'adaptation des manchots royaux à leur bague alaire. Elle lance un débat sur les nouvelles techniques de suivi à mettre en place pour étudier cette espèce. Depuis les années 90, les chercheurs français ont abandonné ce système de baguage.

Article le plus lu : Balkany a versé 100 000 euros à sa ville (et autres bizarreries) : voir les actualités

CNRS / Manchots

Annonces Google