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DEJA DEMAIN
 
Juillet 2006

SeaOrbiter, moitié sous-marin moitié immeuble

Un habitat pour milliardaires ? Pas du tout : cet étonnant immeuble dérivant servira de plateforme scientifique pour de multiples expériences : étude des océans et des écosystèmes marins, simulation de voyages spatiaux…

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SeaOrbiter, c'est un peu comme un iceberg robotisé : l'immeuble a une partie immergée de 31 m et une partie émergée de 20 m de hauteur. Il pourra ainsi accueillir 18 personnes, dont 10 en pression atmosphérique et 8 en saturation sous l'eau. Photo © Jacques Rougerie

SeaOrbiter est né de l'imagination conjointe de 3 hommes passionnés par la mer : Jacques Rougerie, architecte, Jacques Piccard, explorateur, et Jean-Loup Chrétien, que l'on connaît surtout comme astronaute.

Jacques Rougerie n'en n'est pas à son coup d'essai : il a déjà réalisé des maisons sous-marines Galathée et Hippocampe, des vaisseaux semi-submersibles, et des aquariums célèbres comme Océanopolis à Brest et Nausicaa à Boulogne-sur-mer.

Quant au SeaOrbiter, un essai du à l'échelle 1/15ème s'est déjà déroulé en 2002 à l'institut norvégien Marintek. Bref, ce projet a toutes les chances de voir le jour, et ses premières missions devraient se dérouler dès 2008.

Etudier les courants et les animaux marins

Première mission : servir de base scientifique pour l'étude de la mer. Il analysera notamment les courants marins 24h/24, les variations de température de surface, et les échanges gazeux entre l'atmosphère et l'océan (en particulier le CO2), et mesurera le niveau de pollution marine. Ces données complèteront celles que l'on peut recueillir par les satellites ou les bouées.

Mais la plateforme intéressera aussi les biologistes, qui pourront étudier directement les écosystèmes marins et prélever des échantillons de plancton. Grâce à des sondes acoustiques situées sur la structure, on pourra suivre les communications et les migrations de certaines espèces (baleines et dauphins). Enfin, des caméras-robots télé-opérées par câble effectueront des prises de vues jusqu'à 600 mètres de profondeur.

Recréer les conditions de vie des astronautes

Deuxième mission : préparer de futurs voyages spatiaux. SeaOrbiter se veut ainsi "le véritable équivalent de la station spatiale internationale en mer". Son module de vie sous-marine en saturation reproduit le volume d'une capsule spatiale et permet d'étudier le comportement psychologique et physiologique des équipages. Isolation, promiscuité, sorties en "extérieur"… les conditions de vie comparables à celles de l'espace permettent aux astronautes de se mettre en situation pour leurs séjours. Le programme de la NASA Extreme Environment Mission Operations (NEEMO) réalise par exemple en ce moment un programme dans un habitat sous-marin Aquarius, au large de la Floride.

Coupés du monde

Pour mener à bien toutes ces missions, la structure dispose d'atouts importants. Elle peut soit dériver selon les courants (il y a quand même 2 propulseurs électriques en complément), soit se fixer en un point donné. L'immeuble est particulièrement silencieux, car la salle des machines n'est pas immergée mais se situe sur le pont supérieur, à 6 m de hauteur. Tout en haut, un cabine de vigie permet offre une vision panoramique à 360°.

Les essais effectués au Marintek ont permis de tester la fiabilité et la stabilité dans les conditions météorologiques les plus extrêmes (vent, houle, courants…). Les campagnes dureront 3 à 6 mois, en immersion totale. La première se déroulera dans le Gulf Stream, l'océan Pacifique et l'océan indien suivront.

En savoir plus

Le site du projet (en préparation) : seaorbiter.com

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