Aux pôles, des enjeux :

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Sujet illustré

Le réchauffement, une spirale infernale aux conséquences terribles. Niveaux marins, chaînes alimentaires, modification des milieux. Les pôles sont les terres qui souffrent plus rapidement que les autres sur le plan environnemental.

 

 
Solide ou liquide, l'eau occupe le même volume dans l'océan. Photo © Paul LEVESQUE (Galerie photo de L'Internaute)
 

Le niveau de la mer va-t-il augmenter ?

Quand on parle de réchauffement, on imagine tout de suite une hausse considérable du niveau des mers. Mais ce scénario catastrophique est encore loin de nous. En effet, pour que le niveau de la mer augmente beaucoup, il faut que les glaciers continentaux fondent. Ce sont les glaces terrestres et elles seules qui peuvent entrainer un tel phénomène. Elles fondent et via le réseau fluvial, elles se jettent dans les océans et mers. Nous n'en sommes pas encore à ce scénario catastrophique.
Les banquises, et toutes les glaces océaniques ne peuvent pas influer sur le niveau de la mer en fondant car tout n'est qu'une question de volume. Qu'elle soit solide ou liquide, la glace pèse le même poids et donc en fondant le poids est inchangé, le niveau de la mer reste le même.

Néanmoins, la fonte des glaces océaniques bouleverse la salinité de l'eau et se retrouve à l'origine de la formation de nouveaux courants marins. Comme l'eau froide, l'eau salée est plus dense, du coup elle est entraînée dans les profondeurs océaniques et crée une dynamique verticale qui est immédiatement compensée par un mouvement horizontal d'eau moins dense : c'est un courant marin.

 

 
L'ours polaire est menacé : territoire réduit, alimentation difficile à trouver, parviendra-t-il à s'adapter à un nouveau milieu ? Photo © Mickaël BORDEAU (Galerie photo de L'Internaute)
 

La perturbation des chaînes alimentaires

Le réseau trophique, rapport proies/prédateurs, est très spécifique en Arctique. Le premier maillon, la base de toute la chaîne est représentée par les diatomées, des micros algues unicellulaires, ou phytoplancton, dont la floraison s'effectue normalement au printemps. Cette base est ensuite consommée par des copépodes, des grands crustacés planctoniques. Dans la région arctique ils sont principalement représentés par deux espèces : Calanus hyperboreus et Calanus glacialis. Cette classe animale constitue la base alimentaire des amphipodes, des carnivores planctoniques, eux-mêmes dévorés par les poissons (morue arctique, capelan) et les oiseaux planctonophages. Les mammifères marins comme les phoques se nourrissent eux de poissons et à leur tour, sont les proies des grands carnivores terrestres comme l'ours polaire.

Le changement climatique agit directement sur la période de floraison du phytoplancton, si elle s'opère avant le printemps, alors que les eaux sont encore très fraîches, il précipite au fond de l'océan et gène ainsi toute la chaîne alimentaire. De plus, des espèces communément rencontrées au Nord de l'Atlantique colonisent peu à peu les eaux arctiques. C'est le cas du copépode Calanus finmarchius, du krill, etc. Ces nouvelles espèces perturbent également le réseau trophique établi.

Se réadapter ou mourir

Le point fort des espèces de mammifères arctiques comme l'ours polaire, c'est leur grande spécialisation. Ils sont parfaitement adaptés à un milieu donné. Malheureusement dans le contexte du réchauffement, cette hyperspécialisation devient leur plus grand défaut. Leur milieu évolue et se réduit, leurs proies s'amenuisent, leur territoire se morcèle. Pour survivre, toutes les espèces menacées actuellement par le réchauffement et ses conséquences n'ont pas d'autre choix que de s'adapter à leur nouveau milieu.

 

EN IMAGES  Fascinantes diatomées


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