Comme nous, les montagnes passent par trois âges, associés chacun à un type de relief. Les montagnes jeunes ont ainsi des pentes raides et des vallées étroites. Au stade de la maturité, les montagnes sont arrondies, les versants sont évasées et les lits des cours d'eau ont une faible pente. Les "vieilles" montagnes ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, ne subsistent que des basses collines ou des terrains inclinés.
De nombreux facteurs peuvent contribuer à l'érosion : la pluie, les torrents, le gel, les
glaciers, le vent, les êtres vivants, la gravité… Mais l'eau reste le principal acteur de modelage des paysages, car elle
combine une action chimique et une action mécanique en usant, ravinant, déplaçant les roches.
Avant d'emporter les débris, les eaux vont imperceptiblement altérer les matériaux qu'elles traversent.
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Vallée de Yesil Vadi, Cappadoce, en Turquie.
© Marie-Reine MINOZA
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Le lac Powell, à l'entrée du grand Canyon aux Etats-Unis.
© Monique SOUVIRAÀ-LABASTIE
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Les roches ne sont pas toutes sensibles au même type d'érosion :
un grès siliceux sera par exemple difficilement dissout, mais très vulnérable à l'action du gel ; à l'inverse, une roche calcaire massive, peu sensible aux actions mécaniques du gel, sera facilement attaquée par l'eau.
Le ruissellement est un des principaux facteurs de modélisation des paysages.
Moins il y a de végétation pour retenir l'eau, et plus elle va couler vite.
Mais dès que la pente diminue, on passe facilement du domaine de l'érosion à la sédimentation.
L'érosion peut être lente et progressive, ou violente (éboulements lors d'un orage par exemple). Ainsi, les crues qui ont balayé la Tunisie centrale à l'automne 1971 ont exhumé des vestiges romains enfouis depuis plus de dix siècles !
Rien ne l'arrête !
L'érosion atteint d'abord les couches superficielles (roches sédimentaires ou volcaniques), avant d'atteindre les couches profondes, formées par les roches métamorphiques.
Ces dernières ont été fondues, comprimées et transformées dans le manteau, puis ramenées à la surface lors de l'orogénèse. C'est pourquoi on n'y trouve jamais de fossiles. Mais même le granite, pourtant très dur et résistant, finit par s'altérer sous l'action de l'eau.
Notons que l'érosion est de plus en plus liée à l'action… de l'homme. En enlevant la couverture végétale, il expose les sols au vent et à l'éboulement. En construisant des barrages, il dévie les cours des rivières. Et un chantier ou la surexploitation du bétail peut entraîner un terrassement. |