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© Christophe Schwartz, INPL(ENSAIA)/INRA
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Certaines plantes sauvages sont capables de pousser sur des sols contaminés par des substances toxiques telles que le plomb, le zinc, le cadmium ou certains composés organiques. Ces plantes, dites "hyperaccumulatrices", stockent les polluants dans leur tige et leurs feuilles.
On peut ensuite les récolter et les faire brûler : un remède "deux en un" pour l'environnement, on dépollue les sols et on produit de l'énergie avec la biomasse. C'est ce qu'on appelle la "phytoremédiation", un procédé bien plus écologique que les techniques actuelles de dépollution, qui font appel à des méthodes chimiques coûteuses et polluantes.
Mais peu de plantes naturelles sont susceptibles d'être utilisées, car elles ont une trop petite surface de "stockage". La génétique vient donc à point nommé. Un maïs génétiquement augmente ainsi l'absorption du fer, et des peupliers transgéniques permettent de dépolluer des sols contaminés au zinc ou au cadmium, en le stockant dans ses racines. Reste que certaines substances, comme l'arsenic, le mercure, ou l'argent, n'ont pas de "dépolluant" naturel.
Richard Meargher, de l'université de Georgie, a trouvé la solution concernant l'arsenic. Ce métal est un énorme problème de santé publique dans de nombreux pays, en particulier en Inde et au Bangladesh : il s'introduit dans les nappes phréatiques et intoxique les gens qui boivent cette eau. 112 millions de personnes sont affectées par l'arsenic à des degrés divers.
L'arsenic est présent dans le sol sous sa forme oxydée, l'arsenate. Il est normalement aussi toxiques pour les plantes que pour les humains. En introduisant deux gène de la bactérie
Escherichia Coli dans l'
Arabidopsis thaliana, Richard Meargher (Université de Georgie) a réussi à activer la synthèses de deux enzymes : l'une transforme l'arsenate en arsenite, et l'autre retient l'arsenic dans les feuilles, pour ne pas intoxiquer la plante. Grâce à ce système, l'arabette absorbe 3 fois plus d'arsenic que sa variété sauvage.
Le seul problème est de ne pas faire paître un troupeau de vaches sur les champs en cours de décontamination. Sinon votre steack serait un véritable poison. La meilleure solution serait d'utiliser des espèces non comestibles, comme les cactus ou le lin.
A venir : des plants de tabac qui détectent les explosifs, du chiendent qui dégrade les hydrocarbures (pollution au pétrole)