L'Internaute > Science  > Environnement > Dossier > A la conquête de l'or vert

SOMMAIRE

En savoir plus

Sujet illustré

Les filières de production de biocarburant. Photo © ADIT

Il existe deux filières parallèles pour la production de biocarburants. D'une part, l'EMHV ( ester méthylique d'huile végétale), aussi appelé biodiesel ou diester. Cet ester est fabriqué par réaction du méthanol (un alcool malheureusement toujours issu de la pétrochimie) avec de l'huile végétale (colza ou tournesol). D'autre part, l'ETBE (ethyl tertio butyl ether), obtenu par synthèse entre l'éthanol issu du blé ou de la betterave, et l'isobutylène (issu de rafineries pétrolières).

Le biodiesel a le vent en poupe

C'est le biodiesel qui remporte pour l'instant le plus de succès : +28% entre 2003 et 2004 dans l'Union Européenne. Le diester est déjà couramment incorporé à hauteur de 5% dans le gazole, pour ses propriétés lubrifiantes. Mais il peut aussi être utilisé en mélange (la teneur optimum se situant autour des 30%). Un véhicule roulant avec un tel mélange économise 25% d'émission de CO2, responsable du réchauffement climatique. Il réduit aussi considérablement les émissions de particules et de fumées toxiques (monoxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, soufre…).

Il présente quand même quelques défauts, notamment une instabilité dans le temps (oxydation des chaînes linoléiques) et une moins bonne résistance au froid (-12°C contre -15°C pour le diesel classique).

Pour les agriculteurs, ce débouché en pleine expansion est une véritable aubaine. 300 000 hectares de colza sont aujourd'hui cultivés pour sa production, un chiffre qui devrait être multiplié par six d'ici à 2008. Ils peuvent de plus valoriser un sous-produit de la fabrication du diester, la glycérine, très recherchée pour la pharmacie et la cosmétique.

L'éthanol, encore trop peu utilisé

L'ETBE tend à être remplacé par l'incorporation d'éthanol pur dans l'essence. Au Brésil et aux Etats-Unis, l'éthanol est déjà largement utilisé, et présente un bilan d'émission de CO2 beaucoup plus favorable. Mais les mélanges éthanol-essence sont plus volatils et parfois plus corrosifs que les produits d'origine exclusivement pétrolière. Du côté des agriculteurs, l'éthanol est quand même une solution intéressante à la surproduction de sucre en Europe.

Magazine Science Envoyer | Imprimer Haut de page
Votre avis sur cette publicité