L'Europe consomme chaque année plus de 4 millions de tonnes de solvants, pour
de nombreux usages : peintures, cosmétiques, dégraissage…Le liant, qui représente
50 à 70% de la peinture, sert à transporter le pigment ou colorant sur le support
et le fixer à celui-ci.
Des peintures plus écolo et plus efficaces
Dans les peintures dites "à l'huile", le liant est constitué de résines de synthèse
acryliques ou vinyliques, et de solvant hydrocarbure comme le toluène ou le xylène
(des dérivés du benzène). Les peintures hydrosolubles sont dépourvues de solvants
chimiques mais contiennent des éthers de glycol, des dérivés pétroliers largement
utilisés à cause de leur faible coût. Les éthers de glycol ralentissent le séchage
(pour éviter les traces de reprise), mais sont responsables de plus d'un
quart des émissions de composés organiques volatiles (COV), qui ont un impact
néfaste sur la santé et l'environnement.
Cette année, ONIP va commercialiser une gamme de peinture à l'eau, dans
laquelle les éthers de glycol ont été remplacés par un dérivé de l'huile de ricin.
"Non seulement cette huile ralentit le séchage, mais elle a en plus des propriétés
plastifiantes", explique Pascale DeCaro, professeur au laboratoire de chimie
agroindustrielle de l'Ensiacet, et qui a participé à sa mise au point. Elle évite
ainsi à la peinture de s'écailler.
Après différents tests (texture, viscosité, opacité, brillance…), elle a enfin
trouvé une formulation satisfaisante. Reste le problème des résines synthétiques,
que l'on n'arrive pas encore à remplacer. "On a essayé des résines naturelles,
comme le terpène de pin, mais elles ont tendance à jaunir". Mais les recherches
progressent très vite. Le labo travaille d'ailleurs sur d'autres solvants, pour
le nettoyage ou l'encre.
Votre journal à l'huile de lin
L'imprimerie se met elle aussi au vert : aux Etats-Unis, Canada, ou Belgique,
les imprimeurs de journaux utilisent de plus en plus les esters de d'huiles de
lin de tournesol ou de colza. Non seulement les couleurs sont plus vives, mais
les couleurs résistent mieux au frottements : fini les doigts tous noirs quand
on lit son journal ! Ces encres sont particulièrement adaptées à l'impression
sur rotatives, car elles "collent" moins.