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DOSSIER
 
Mai 2006

Les séismes

Pour le moment, on ne sait pas anticiper les tremblements de Terre comme on prévoit la météo. Mais on sait cartographier les zones à risque et on tente de repérer des signes annonciateurs.

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Là où la Terre a déjà tremblé, elle retremblera. Mais impossible à l'heure actuelle d'anticiper les séismes comme on prévoit la météo.

Un tremblement de terre, c'est un solide qui se casse. Or, si on sait précisément de quels facteurs déclenchants dépend un orage, on connaît mal le seuil de rupture d'objets aussi complexes que les roches. De plus, alors qu'il est facile de mesurer la température ou la pression en un lieu, il est beaucoup plus délicat de surveiller les roches qui se situent à plusieurs kilomètres de profondeur.

Restent donc 2 approches. L'approche probabiliste consiste à identifier les zones à risques en tenant compte de la tectonique générale mais aussi de l'histoire sismique de la région. L'approche déterministe, elle, s'intéresse aux signes précurseurs susceptibles d'être liés à un séisme. En pratique on délimite les régions classées "à risques" par une étude probabiliste puis on y élabore des méthodes déterministes.

Définir les zones à risques

La surface de la Terre est un patchwork de plaques qui frottent les unes contre les autres. c'est le long de leurs frontières que se situent les zones "à risque" sismique. © Nasa

Pour identifier les zones à risque, un réseau mondial d'observation mesure les mouvements du sol en permanence. Plusieurs milliers de stations d'enregistrement détectent les moindres secousses grâce à des sismomètres. C'est le cas du réseau français Geoscope ou du réseau américain IRIS. Le système GPS et ses 24 satellites permet, depuis 1994, de localiser à quelques millimètres près des antennes réceptrices disposées à la surface du globe, et de suivre le mouvement des plaques.

Pour les séismes qui ont lieu en mer, leur connaissance passe par celle des fonds marins. Les Japonais prévoient pour 2007 un forage dans le Pacifique, à 11 000 m sous la surface, pour examiner la frontière des plaques. Au large de l'Equateur et de la Colombie, là où la plaque océanique plonge sous la plaque sud-américaine, une équipe internationale a provoqué artificiellement des secousses à l'aide de canons placés sous l'eau, en 2005. Les chercheurs ont ensuite étudié la propagation des ondes acoustiques puis cartographié la faille.

"Malgré les milliers de sismomètres, antennes GPS et autres capteurs de déformation, il reste impossible de prévoir un séisme"

Mais malgré les milliers de sismomètres, antennes GPS et autres capteurs de déformation, il reste impossible de prévoir un séisme avant la rupture des roches. D'ailleurs, les meilleures prévisions données par l'Agence météorologique japonaise, grâce à un système de détection des premières ondes, peut prédire l'intensité du séisme... jusqu'à 30 secondes avant l'arrivée des secousses ! Trop peu pour permettre aux populations de se mettre à l'abri.

Trouver des signes annonciateurs

Pourrait-on alors se fier à des signes annonciateurs pour prévoir les séismes à moyen ou long terme ? Les tremblements de terre sont souvent précédés de petits séismes, de courants électriques dans le sol, de variations du niveau d'eau dans les puits ou les forages, d'anomalies électromagnétiques, de changements dans le comportement des animaux… Mais pour le moment, aucun des ces éléments ne permettent de réaliser des prédictions fiables.

Alors on cherche à rebours, en dépouillant les données récoltées lors de séismes passés, et en espérant y trouver des signaux annonciateurs. Mais sans succès pour le moment.

Et prévoir les séismes depuis le ciel, via des satellites ? Pourquoi pas : il semblerait que des perturbations électromagnétiques dans la haute atmosphère commencent quelques heures avant les secousses.

Aujourd'hui, les zones les plus surveillées sont la Californie, le Japon, la Turquie, la Grèce et le Chili : dans toutes ces régions, un séisme destructeur est attendu au cours des prochaines décennies. Mais impossible de prédire quand…

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