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| Où va-t-on trouver du pétrole ?
Source : WEO 2004, IEA |
Il règne une opacité totale sur la publication des chiffres des réserves. "Les
compagnies pétrolières publient les chiffres qui les arrange" explique Jean Laherrer.
"Si vous avez une grosse fortune, vous avez tendance à la minorer pour votre déclaration
d'impôts, et à l'augmenter si vous voulez faire un emprunt à votre banque".
Les compagnies pétrolières gonflent ainsi artificiellement les réserves pour
maintenir le cours de leur action. Quand aux données publiées par l'OPEP, elles
seraient surévaluées de 10%, toujours selon Jean Laherrer. Il faut dire que les
quotas de production accordés à ses membres sont corrélés par les réserves annoncées.
La tentation est alors grande de truquer les chiffres pour produire plus et engranger
d'avantage de recettes.
Des réserves qui ne varient jamais
| "Il existe des statistiques fiables, qui circulent sur un
véritable marché noir" |
Dans le World Energy Outlook 2004, le document de référence publié par l'AIE,
les réserves déclarées de 38 pays restent inchangées depuis 1998, malgré les extractions
continues. Le Koweit, par exemple, qui dispose des quatrièmes réserves du globe,
a déclaré pendant 10 ans un chiffre constant de 94 milliards de barils de réserves
alors que dans le même temps il en a extrait 8 milliards et n'a fait aucune découverte
majeure.
Et pourtant, il existe des statistiques fiables, qui circulent sur un véritable
"marché noir". Des données récoltées par des espions qui veillent dans les ports,
traquent les contrats confidentiels des compagnies d'assurance, etc. PétroLogistic,
la société leader dans ce domaine, est maintenant concurrencée par une multitude
de concurrents plus ou moins fiables. Mais les meilleures données restent celles
de l'IHS (Information Handling Services), basée à Genève, dont les services sont
facturés plusieurs millions de dollars. Parmi les principaux clients, on trouve… les
grands groupes pétroliers eux-mêmes.