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L'Internaute > Science  > Environnement > Dossiers > Eau potable : nouvelles ressources

Sur les 70 villes de plus d'un million d'habitants qui manquent d'eau dans le monde, plus de la moitié se situent au bord de la mer. Dessaler l'eau est pour certains la seule solution.

Le traitement thermique

Il a longtemps été la seule méthode de dessalement : on chauffe l'eau salée jusqu'à évaporation, puis on récupère la vapeur d'eau qui se condense en refroidissant. Ce procédé fonctionne bien, mais consomme beaucoup d'énergie.

Il n'est donc rentable que dans les pays où l'énergie est très bon marché. Les deux tiers de capacités mondiales de dessalement se situent ainsi dans les pays du Golfe, qui ont à la fois beaucoup de pétrole et quasiment pas de ressources d'eau douce. Une autre solution pour optimiser les coûts consiste à adosser l'usine de dessalement à une centrale électrique dont elle récupère la chaleur induite.

Dessalement
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L'usine de dessalement d'Ashkelon. Photo © Veolia Eau

L'osmose inverse

Cette technologie de traitement membranaire tend à s'imposer depuis quelques années. Le phénomène d'osmose est un principe naturel : si deux solutions aqueuses ayant une concentration saline différente sont séparées par une membrane, la solution la moins concentrée en sel va spontanément passer vers la plus concentrée.

Si on applique une pression sur la solution concentrée, la quantité d'eau transférée par osmose diminue. Lorsque la pression est suffisante, le flux de transfert va s'annuler, on définit ainsi la pression osmotique. Une augmentation de la pression au-delà de ce flux va se traduire par un flux d'eau inversé de la solution concentrée vers la solution diluée ce qui définit l'osmose inverse.

Le traitement membranaire reproduit le phénomène d'osmose inverse : lorsque l'eau de mer est poussée grâce à une très forte pression (entre 50 et 80 bars) à travers une membrane, le sel et les impuretés sont piégées par la membrane et seules les molécules d'eau peuvent la traverser, fournissant de l'eau douce. Le diamètre des pores des membranes d'osmose inverse sont de l'ordre du millième de micromètre (un micromètre : 1 millième de mètre).

Ironie du sort, l'eau obtenue est parfois si pure qu'il faut la reminéraliser ! "L'osmose inverse est un procédé plus souple et moins coûteux" explique Eric Lesueur, de Veolia Eau. Même si la différence de consommation d'énergie n'est pas flagrante (environ un tiers du coût total pour la distillation, un quart pour l'osmose inverse), il existe de nombreuses voies pour réduire cette consommation, notamment en affinant les procédés de pré-traitement de l'eau de mer avant son passage dans les membranes ou en récupérant une partie de l'énergie liée à la différence de pression.

La mer à boire

Bref, les usines poussent aujourd'hui comme des champignons. En 2015, 30 millions de m3 d'eau de mer sont dessalés dans le monde. Les plus grandes usines se trouvent à Fujairah, au bord du golfe d'Oman, qui traite 62 millions de m³ par an et à Ashkelon, en Israel, qui traite 100 millions de m3 par an.. Mais on trouve de plus en plus de petites unités, qui alimentent une île, un camping ou un hôtel.

La salinité moyenne des mers est d'environ 35 g de sel (chlorure de sodium) par litre soit 3,5% du poids de l'eau, et peut varier selon les climats : 7 g/l en mer Baltique, 270 g/l dans la mer Morte.
La concentration maximale pour les eaux destinées à la consommation humaine est de 200 mg/l.

A Majorque, par exemple, trois usines ont été construites pour faire face à l'afflux touristique pendant l'été : alors qu'elle ne compte qu'un million d'habitants permanents, 11 millions de vacanciers s'y concentrent durant les mois de juillet-août. Sans compter les 18 golfs de l'île qui consomment à eux seuls 600 000 m³ d'eau par an. En France, Belle-Ile s'est mise elle aussi au dessalement.

1,5% de la population mondiale est déjà alimentée par cette technique. Qui ne sera rentable que pour la consommation domestique. "Le dessalement ne peut être considéré que comme un dernier recours" explique Eric Le Sueur. Et de conclure : "Il faut avant tout se concentrer sur la préservation des ressources".

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