Les ressources en eau ne sont malheureusement pas toujours là où on en a besoin.
En Inde, par exemple, 91 des 600 districts du pays sont touchés par la sécheresse,
tandis que 40 millions d'hectares sont systématiquement inondés.
 |
| Agrandir |
| La Grande Rivière Artificielle. Photo
© L'Internaute Magazine |
Idem en Lybie où la quasi-totalité de la population vit sur le littoral alors
que les réserves en eau sont au Sud. Ce pays a achevé en 2004 un projet faramineux
nommé "Grande Rivière Artificielle". Après avoir découvert d'importants gisements
d'eau fossile dans le Sahara, la Lybie a essayé sans succès de créer un secteur
agricole dans le Sud du pays. Faute de pouvoir l'utiliser sur place, et face à
la croissance exponentielle des villes dans le nord, elle a décidé de transférer
cette eau grâce à 4000 km de canalisations. (voir page suivante).
Bassins communicants
D'autres pays organisent des transferts massifs vers les régions en déficit.
"Un état comme le Texas serait totalement asséché s'il n'avait pas recours
à la technologie de bassin communicant" estime BG Verghese, chercheur au Center
for Policy Research. En Californie, où le nord dispose des deux tiers des ressources
mais n'abrite que 40% de la population, les excédents sont transférés vers le
Sud depuis 1930.
 |
| En Inde, le gouvernement étudie la possibilité de
relier entre eux 37 fleuves et rivières, soir plus de 1000 km de canaux. De quoi
alimenter 34 millions d'hectares supplémentaires, alors que la sécheresse provoque
la baisse régulière des rendements agricoles. Les canaux apporteraient aussi de
l'eau potable à cinq grandes villes et une centaine de districts . Photo
© DR |
En 2003, l'Iran a signé avec le Koweït un accord pour la construction d'un
pipeline de 540 km à partir du barrage de Karkheh (au nord-ouest de l'Iran). 300
millions de mètres cube d'eau par an seront ainsi importés. La Chine, confrontée
à la sécheresse récurrente des régions du nord, a
lancé un projet pharaonique pour détourner l'eau du Yangzi Yang vers le nord par
trois canaux parallèles de 1300 km chacun.
Des aqueducs seraient à l'étude entre l'Ecosse et l'Angleterre, la Turquie
et l'Europe centrale. Quand au projet de transvasement du Rhône à Barcelone, il
n'a jamais vu le jour devant la polémique suscitée en France.
Obstaces économiques et politiques
Reste que les coûts sont exorbitants. Le gigantesque plan du NAWAPA (North
American Water and Power Alliance), élaboré en 1964, prévoyait d'acheminer vers
le Sud les eaux de la Columbia et même du Yukon, qui coule à plus de 3000 km de
là. Face à une facture estimée à plus de 500 milliards de dollars, le projet a
été abandonné.
Mais le plus gros obstacle à cette technique est politique : les "guerres de
l'eau" ont déjà commencé entre les Etats qui se disputent les ressources. Même
à l'intérieur de l'Inde, le partage des cours d'eau entre les Etats fédérés fait
déjà polémique. L'Egypte craint que les pompages excessifs dans les nappes d'eau
saharienne [en Lybie] ne provoquent un abaissement du niveau du Nil, et l'Algérie
fait part des mêmes craintes pour l'aquifère.