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INTERVIEW
 
Juillet 2006

"On ne peut pas prévoir le temps précisément au-delà de 10 jours"

Canicule ou mauvais temps ? Depuis deux ans, MétéoFrance publie des prévisions saisonnières, portant sur les 3 mois à venir. Peut-on leur faire confiance ? Patrick Galois, prévisionniste à Météo France, nous répond.

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Patrick Galois à Météo France
"D'ici à 2008, on arrivera à des prévisions d'une résolution spatiale de 2,5 km, contre 10 km aujourd'hui"

Quel temps fera-t-il cet été ?

Nous n'avons pas pu dégager de tendance significative cette année. L'année dernière, on avait pu prévoir un été un peu plus chaud que la normale, et sur l'ensemble des 3 mois, ça s'est à peu près vérifié.

Les prévisions saisonnières sont-elles fiables ?

Ca dépend à quelle échelle. Pour schématiser, il existe 3 grands types de prévisions. Les prévisions pour le lendemain, dont la fiabilité est supérieure à 90%, s'exercent sur une résolution spatiale de 10 km et une résolution temporelle de l'ordre du quart d'heure. Les prévisions saisonnières, qui portent sur trois mois, s'exercent à l'échelle d'un pays tout entier et ne permettent que de déterminer une tendance générale. Enfin, les prévisions climatiques, qui peuvent aller jusqu'à plusieurs siècles, s'exercent à l'échelle planétaire.

Comment sont calculées ces prévisions saisonnières ?

Sur le même principe que les prévisions à court terme. On utilise les mêmes équations, et on prolonge le modèle sur plusieurs jours ou plusieurs mois. La limite, c'est bien sûr que plus on regarde loin, plus il y a d'incertitudes, notamment à cause de "l'effet papillon" : un battement d'ailes de papillon an Australie peut provoquer un ouragan à l'autre bout du monde. C'est pourquoi on ne peut pas prévoir le temps précisément au-delà de 10 jours.

Alors, comment faites-vous pour quand même dégager une tendance ?

Le climat résulte quand même de certaines inerties, en particulier celle des océans. Alors que les courants marins sont lents et continus, les mouvements des masses d'air sont très variables d'un jour sur l'autre. L'inertie des océans permet quand même de dégager une tendance saisonnière. Par exemple, si l'océan Atlantique est plus chaud au printemps, on pourra conclure que l'été s'annonce lui aussi un peu plus chaud. Mais ce n'est qu'un facteur parmi d'autres.

Est-ce que les prévisions vont encore s'améliorer ?

Oui, et cela pour deux raisons. D'abord, on progresse chaque année sur la théorie : mieux paramétrer l'atmosphère, les échanges d'énergie entre le sol, la mer, etc… D'autre part, nos ordinateurs sont toujours plus puissants. Cette année, nous avons par exemple acquis un super calculateur capable d'effectuer 1000 milliards d'opérations à la seconde ! On obtient donc des modèles plus précis. D'ici à 2008, on arrivera par exemple à une résolution spatiale de 2,5 km, contre 10 km aujourd'hui

En savoir plus

Les prévisions saisonnières sur le site de MeteoFrance

Pourquoi il fait plus froid en altitude ?

 

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