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 Science - Environnement 
Novembre 2005

La chimie autrement

Un peu d'histoire, quelques grands personnages, une pincée d'anecdotes, une goutte de chimie… la réaction prend tout de suite ! Pas besoin d'être un chimiste chevronné pour se délecter du "Roman des éléments".
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L'ouvrage
Le roman des éléments
par I.Nechaev et G.W.Jenkins

Belin-Pour la science

Il s'en est fallu de peu pour qu'on ne lise jamais ce joyau. Publié en 1944 à Moscou par un scientifique sous le pseudo de Nechaev, Le Roman des Eléments est tombé aux oubliettes jusqu'à ce que G.W. Jenkins le retrouve en 1994 et décide de le rééditer. Le contraire aurait été dommage.

Les petites histoires qui construisent la grande
Car ce livre se dévore - son nom l'indique - comme un roman. L'auteur y mêle la grande histoire et les petites histoires pour raconter celle de la découverte des éléments et de leur classification.

A travers des anecdotes vivantes, scénarisées et dialoguées, le lecteur entre successivement dans les ateliers de Lavoisier, Bunsen, Mendeleiev et les autres. Il y découvre leurs questionnements, leurs raisonnements, leurs méthodes, leurs succès et leurs erreurs. Sans oublier les obstacles auxquels ils ont été confrontés. Car avant même de découvrir des éléments, il fallait briser des tabous, débarrasser la chimie des fluides "magiques" et remettre en questions des prétendues vérités. Comme, par exemple, imaginer que l'eau et l'air n'étaient pas des éléments mais des composés. Ou se défaire du phlogistique, une énergie mystérieuse qui permettait d'expliquer tous les phénomènes chimiques.

Hommage aux forçats de la science
Pour ceux qui étaient fâchés avec elle, cet ouvrage réconcilie avec la chimie. Il montre que cette science est vivante, et fut nourrie par des passionnés. Des personnalités hors du commun qui ne vivaient que pour imaginer de nouvelles expériences et pour tenter de comprendre l'alphabet qui compose la matière.

Comme Scheele, le premier qui comprit que l'air était un composé et qui appelait l'oxygène "l'air vivant" ; Lavoisier aidé par son remarquable assistant… une balance ! Davy, ce chimiste surdoué qui ne pouvait pas se passer de 3 éléments : le sodium, le potassium et … les salons mondains ! Bunsen, inventeur du brûleur du même nom, et ses mains "ignifugées" ; Mendeleïev et sa puissance de raisonnement, qui établit sa classification des éléments sans quitter son bureau ; Rayleigh qui dénoua l'énigme de l'azote lourd ; Röntgen et ses mystérieux rayons X ; Marie Curie, qui mit deux ans à passer au crible une tonne d'uranium pour en sortir…3/10 de gramme de radium.

On peut cependant reprocher à Nechaev d'avoir voulu faire de ces scientifiques des martyrs de la chimie. Selon lui, ces hommes et femmes passaient leur temps à se blesser, se brûler, ou tomber malade pour servir leur discipline. Trop de détails sur leurs souffrances rend ces chimistes vivants, certes, mais finit par gêner la lecture.

Enfin, l'ouvrage ne fait pas l'économie (c'est l'un des apports de G.W Jenkins) d'éclaircissements inconnus avant le 20eme siècle sur les atomes et leur structure. Sans oublier l'examen de la classification périodique à la lumière des connaissances actuelles.

Bref, en plus d'être passionnant, cet ouvrage offre un bel hommage aux scientifiques du passé à qui la science du présent doit beaucoup.

 
 Sophie FLEURY, L'Internaute
 
Magazine Science
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