Vanessa Porchet (Spationaute) Vanessa Porchet : "Pourquoi je veux devenir astronaute"

L'Agence spatiale européenne organisait le 14 mai, à Toulouse, une réunion d'information pour présenter un recrutement particulier : celui de ses futurs astronautes. Rencontre avec Vanessa Porchet, candidate de 22 ans.

 

vanessa porchet
Vanessa Porchet a assisté à la réunion d'hier à Toulouse. Devenir astronaute ? Ce ne sera pas facile, mais elle va "s'accrocher". © Cité de l'Espace

Devenir astronaute, c'est plutôt original comme ambition...

Je ne sais pas quand cette passion a véritablement commencé. Je crois que j'ai dit à ma mère que je voulais devenir astronaute dès que j'ai su que des hommes étaient allés dans l'espace et que c'était encore possible. Probablement vers 4 ou 5 ans. J'ai toujours été attirée par le ciel. C'est le domaine dans lequel je me sentais le mieux à l'école. Celui pour lequel je n'ai jamais eu de mal à me concentrer. Il a toujours fallu que je regarde le ciel pour essayer de le comprendre. 


Les femmes dans l'espace sont plutôt rares, ça vous fait peur ?
Au contraire, il y a de plus en plus de femmes dans l'espace. Les Etats-Unis sont encore bien en avance sur ce point, mais on nous a répété hier qu'il n'était pas question de discrimination ou de préjugés dans ce métier. Je ne suis sûre de rien et je dois me préparer à l'échec, mais je veux y croire. Nous sommes tous de grands rêveurs.

J'ai dit à ma mère que je voulais devenir astronaute dès que j'ai su que des hommes pouvaient aller dans l'espace.


Quels sont les arguments de votre CV pour le poste d'astronaute ?
Je fais actuellement un doctorat sur les matières interstellaires. Il s'agit de l'étude de l'espace profond. Pas d'observer les planètes ou les étoiles, mais plutôt les nébuleuses, nuées d'étoiles et toute la matière qui se trouve entre elles. J'ai aussi une bonne expérience professionnelle. Pour payer mes études, j'ai commencé à travailler dès 17 ans et demi. De 2005 à 2007, j'ai été animatrice à l'Espace Mendès France (à la Maison des Sciences de Poitiers - NDR). Il s'agissait d'informer les visiteurs et d'organiser des visites guidées scientifiques. Aujourd'hui, je fais plus ou moins le même métier à la Cité de l'Espace de Toulouse.


Vous avez déjà piloté un avion ? C'est plutôt conseillé pour devenir astronaute...

Malheureusement je n'en ai encore jamais piloté. J'envisage d'entrer dans une école de pilotage dès la fin de mon doctorat. Je ne suis qu'en première année, cela viendra donc sans doute en 2010 ou 2011 seulement.

Je ne suis sûre de rien et je dois me préparer à l'échec, mais je veux y croire. Nous sommes tous de grands rêveurs.


Quelles sont vos chances d'être sélectionnée ?
Honnêtement, je ne mise pas encore vraiment sur ce recrutement-ci. Globalement je suis encore trop jeune. Les profils recherchés par l'ESA vont de 27 à 37 ans. Mais cela me permets déjà d'avoir une expérience de recrutement et de pouvoir recommencer avec un plus la prochaine fois. Sans doute dans 5 ou 6 ans. Et puis je me dis que si j'ai une toute petite chance d'y arriver, il faut la saisir. Tenter à mon âge d'être sélectionnée parmi 20 000 candidats, pour moi, ce n'est pas une compétition, une concurrence avec les autres, mais plutôt avec moi-même. C'est un challenge, une envie de me surpasser.


Suivez-vous une préparation spéciale pour ce recrutement ?
Je fais du sport depuis que je suis toute petite et je continue. Je fais attention à mon alimentation. Je tâche de me maintenir en forme, de réussir dans mes études et d'être "stable" dans ma tête, car le moral aussi est important. Mais je le fais aussi pour moi, pas seulement pour ce recrutement. 

 

Vous connaissez les tests qu'il vous faudra passer ? Quels conseils vous a-t-on donné hier ?

Pour les tests, c'est une surprise totale et je crois que c'est voulu par l'ESA. Il faudra passer une première sélection d'abord. Pour l'instant, on nous a juste demandé un certificat médical, une habilitation au pilotage, et de remplir un dossier sur Internet. On nous a d'ailleurs conseillé de le remplir consciencieusement car c'est par ce biais que le jury va nous découvrir. Jean-Pierre Haigneré et Jean-Jacques Favier (deux ex-astronautes) nous ont surtout conseillé de nous accrocher et de ne jamais baisser les bras. Ils nous ont montré qu'avant de devenir astronautes ils ont vécu la même chose que nous, avaient la même passion, sont allés dans les mêmes écoles, avaient les mêmes appréhensions. Voir qu'ils y sont arrivés m'a donné beaucoup d'espoir.

 

 Et aussi : Quel profil faut-il pour devenir astronaute ?

Toulouse / Poitiers

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