La théorie du Big Bang a suscité
beaucoup de remous aussi bien dans la communauté scientifique que chez les religieux.
Dans le milieu du XXe siècle, certaines voix se sont élevées contre ce modèle
comme le Britannique Fred Hoyle, auteur sarcastique du nom Big Bang.
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| | Quand
on regarde le ciel, on imagine que l'Univers est stable et ne bouge pas. Photo
© NASA, ESA, and K. Sahu (STScI) | |
Stabilité et immortalité
La
théorie de l'état stationnaire émerge au cours des années 40. Les auteurs
Fred Hoyle, Thomas Gold et Hermann Bondi supposent que l'Univers est immuable
et éternel (pour le Big Bang, il a un âge fini). A l'image d'Albert Einstein
qui s'était vivement emporté contre Alexander Friedman quand il a défendu l'idée
de l'expansion en se basant sur des équations découlant de la relativité générale.
Cette vive opposition au Big Bang repose sur le fait que l'Univers n'a
pas changé entre sa naissance et aujourd'hui. Il est en accord avec le big Bang
sur le fait qu'il est homogène et isotrope et respecte donc le principe cosmologique
mais diverge sur l'expansion. Comment justifie-t-il la chute de densité du cosmos
avec le temps ? Elle met en avant le phénomène de création continue de matière,
en l'occurrence au sein des étoiles et à l'aide d'un champ appelé champs C. Pour
asseoir leur théorie, les trois scientifiques mettent en avant ce qu'ils considéraient
comme des failles du modèle Big Bang :
- L'âge inférieur de l'Univers à
celui de la Terre.
- La prédiction d'une phase dense et chaude aux prémices
du cosmos.
Ces arguments tomberont comme un château de cartes avec les
découvertes survenues lors de différentes études.
Une
théorie balayée
L'état stationnaire ne convînt pas les scientifiques car
des observations indiscutables remettent totalement en question ses fondements
dont une en particulier, le fond diffus cosmologique. Les nouvelles technologies
ont pu mesurer la température de ce rayonnement fossile dans des galaxies lointaines,
vestiges des époques passées. L'état stationnaire parlait bien d'un fond diffus
mais d'égal température au cours du temps. Or les résultats indiquent une fluctuation
de celle-ci.
De même, la théorie de Hoyle considérait que l'Univers n'évoluait
pas que ce soit au niveau spatial comme au niveau morphologique. L'expansion justifiée
par les travaux de Lemaître et de Friedmann réduit à néant ces hypothèses. Enfin
cette théorie n'arrive pas à expliquer, contrairement au Big Bang, l'abondance
des éléments légers présents dans le cosmos, en particulier celle de l'hélium.
Le coup de grâce apporté à la théorie de l'état stationnaire est l'observation
de l'accélération de l'expansion via l'énergie noire. Difficile pour les défenseurs
de cette théorie d'argumenter face à cette découverte implacable.