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 SCIENCES 
Décembre 2005

Pourquoi... 2005 a duré une seconde de plus

Cette année, nous aurons eu un (tout petit) peu plus de temps pour profiter du réveillon. En effet, la dernière minute de 2005 a duré 61 secondes. La faute à notre planète Terre, qui ne tourne pas aussi rond que ça…
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Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette seconde supplémentaire n'a rien à voir avec la durée de l'année, déterminée par la rotation de la Terre autour du soleil. C'est du côté de la rotation de la Terre sur elle-même, donc de la durée d'une journée, qu'il faut chercher une explication.

Des journées variables
Notre planète fait un tour complet en 23h, 56 min et 4s, soit 86 164 secondes. Mais alors que l'on a longtemps cru que cette "horloge astronomique" était parfaitement exacte, on s'est aperçu que le temps de rotation était soumis à des fluctuations. Il est perturbé par de nombreux effets : notamment les courants internes dans le noyau, l'action de la Lune et du Soleil...

Les phénomènes astronomiques ne sont pas aussi réguliers que ceux utilisés pour définir le temps légal.
Source: Nasa/ GOES

Ainsi, la Terre ralentit de 1,6 millisecondes par siècle. Cela ne paraît pas grand chose, mais cumulé depuis deux millénaires, cela finit par créer un décalage significatif. De même, un tour de la Terre sur elle-même au mois d'août est plus court d'une à deux millisecondes qu'en février. Bref, l'échelle de temps astronomique ne s'est pas avérée suffisamment fiable.

Changement de référence
Du coup, la seconde qui était jusque là basée sur une fraction du jour puis de l'année terrestre, a été redéfinie en fonction de l'oscillation de l'atome de césium en 1967 lors de la 13e Conférence générale des poids et mesures. Une seconde atomique est exactement égale à 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux (hyperfins) de l'état fondamental du césium 133.

Le hic, c'est que ce TAI (Temps Atomique International), parfaitement régulier, ne correspond plus tout à fait au temps universel astronomique (TU1, défini sur la base de la durée du jour au 1er janvier 1958). Un jour avec 86 164 secondes TAI est plus court de 2,5 millisecondes qu'un jour solaire moyen actuel (TU0, TU1 étant obtenu à partir de TU0 en corrigeant des effets dus aux mouvements de l'axe de rotation de la Terre).

En 1972, on a donc définit une troisième échelle de temps : le temps universel coordonné (UTC). Il est calqué sur le TAI avec une correction de quelques secondes de façon à ce que la différence UTC-TU1 (en valeur absolue) ne dépasse jamais 0,9 secondes.

22 secondes de plus
Depuis l'instauration de ce système, on a dû ajouter 22 secondes au temps TU1. Et, cocorico, c'est un organisme basé en France, le Service International de la Rotation de la Terre et des Systèmes de Référence (IERS) à l'Observatoire de Paris, qui est chargé des mises à jour. Les "sauts de seconde" sont programmés soit pour le 1er janvier, soit pour le 1er juillet à minuit. Cette année, le "sursis" aura donc été pour les fêtards, et non pour les vacanciers estivaux...

Pour en savoir plus :
» Sur le Web : Le site de l'observatoire de Paris | Les dates des sauts précédents
» Pourquoi les planètes sont rondes ?
 
 Céline Deluzarche, L'InternauteScience - Espace
 
Magazine Science
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