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HISTOIRE DE SCIENCE
 
Juillet 2006

Cuvier et l'invention de la paléontologie

L'effervescence intellectuelle du 19ème siècle encourage l'émergence d'une nouvelle pensée. Les sciences naturelles ne sont pas en reste, bien au contraire, et c'est dans ce contexte que se forgent les bases de la pensée actuelle. Georges Cuvier, brillant naturaliste va fonder la paléontologie sans jamais céder aux théories évolutionnistes.

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Dans un contexte politique post-révolutionnaire, Georges Cuvier, naturaliste et homme polique de renom, a fournit les bases de l'actuelle anatomie comparée et ouvert la voie à la Paléontologie. Fort de ses convictions religieuses, Georges Cuvier, alors haut représentant du Fixisme, a, par ses travaux et malgré lui, encouragé le développement des théories évolutionistes.

 

Georges Cuvier, professeur au Collège de France (1799) et au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris (1795). Il fut membre de plus de 120 académies et sociétés savantes en France et à travers le monde. Photo © DR

Georges Cuvier (1769-1832), est considéré comme le père de l'anatomie comparée, de par sa loi de corrélation des formes établie en 1812 (à partir d'un seul organe ou reste osseux d'un animal il est possible de le reconstituer entièrement suivant le principe établi de la subordination des organes).

On lui doit également les premières classifications naturelles en zoologie, posant les bases des classifications actuelles des grands groupes animaux, dans son ouvrage de 1817, Le règne animal distribué selon son organisation.

Mais Georges Cuvier est, sans contexte, davantage connu comme le père fondateur de la Paléontologie.

Les fossiles l'ont toujours fasciné et intrigué, des Hommes du Paléolithique Supérieur, en passant par Pline l'Ancien, Aristote, jusqu'à Bernard Palissy et Léonard de Vinci. Du Moyen-Age à la Renaissance, les fossiles étaient considérés comme des preuves du Déluge biblique et témoignaient de la destruction de certaines espèces par Dieu. A cette époque, les temps géologiques n'étaient pas encore connus ni soupçonnés, et l'on avançait, à partir des enseignements chrétiens que la Terre n'était pas vieille de plus de 6000 ans.

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  • Le fixisme, dérivé du créationnisme, est rejeté par les tenants de ce dernier car, pour eux, il est inimaginable que Dieu ait commis un acte imparfait comme la création d'êtres vivants qui ne sauraient faire face aux catastrophes qu'il leur impose.

Après les travaux de Buffon (1707-1788), qui a révélé le concept de temps géologiques, et l'étude des fossiles (notament de ceux provenant des carrières de gyspe de Montmartre), Georges Cuvier a été le premier à démontrer le concept d'extinction et l'ancienneté des couches géologiques en fonctions des fossiles qu'elles renferment. Malgré ses observations, Cuvier restera toujours un fervant fixiste (voir encadré).

Cuvier face aux premiers évolutionnistes

Georges Cuvier, fidèle aux préceptes bibliques partagés par la majorité bien pensante de l'époque, n'envisage pas une autre théorie que celle du Créationnisme pour expliquer l'Histoire du Monde, néanmoins, ses découvertes l'encouragent à la nuancer. Il ne remet donc pas en question l'origine divine de la création du Monde et des espèces vivantes, mais bien l'idée d'une création unique. Pour lui et les autres fixistes, il y auraient plusieurs créations successives (extinction catastrophique- recréation). Ainsi, après un évènement catastrophique, Dieu se serait attaché à recréer des espèces et les fossiles constitueraient les restes des espèces anéanties au cours des catastrophes.

Cuvier s'opposa violemment à Geoffroy Saint-Hilaire et Lamarck, premiers défenseurs des théories évolutionnistes. Pour Lamarck, les différents formes du vivant dérivent les unes des autres, les formes et les particularités des animaux se modifiant au cours du temps en raison de l'usage, ou non, des organes.Cette théorie, qualifiée de transformisme, ne soutient pas donc pas l'idée du remplacement des espèces de Cuvier, et va ouvrir la voie aux travaux Darwin et Lyell entre autres.

Malgré la qualité de ses observations, Georges Cuvier ne cédera jamais face au théories évolutionnistes naissantes, mais, sans le vouloir, il leur fournira de solides arguments, exploités dès 1859 par Charles Darwin dans son fondateur De l'origine des espèces . Rappelant que le matériel d'étude est davantage support d'interprétations et vecteur d'idéologie que de vérité absolue.

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