Crimes : les sciences mènent l'enquête Des enquêteurs qui ont du flair

La brigade sinophile sert énormément pour la détection d'explosifs et de stupéfiants. Alors pourquoi ne pas utiliser l'odorat fin de nos amis canins afin de résoudre une affaire criminelle ?

 

les scientifiques imprègnent des bandes de coton d'odeurs détectées sur le lieu
Les scientifiques imprègnent des bandes de coton d'odeurs détectées sur le lieu du crime. © CBS

Récolte d'odeurs

 

L'odorologie est une discipline hongroise vieille de trente ans. La police technique et scientifique d'Ecully (PTS) a recours à ce procédé depuis plusieurs années. Les criminels n'y pensent pas mais, même s'ils ne laissent aucune empreinte digitale, ils sèment un autre type d'empreinte : des odeurs. Sur place, les scientifiques récupèrent, à l'aide de bandes de coton stériles, ces signatures olfactives.

Ces bandes sont placées immédiatement dans un bocal stérile afin de protéger l'odeur récupérée sur place. La durée de vie est d'environ 10 ans.

 

Des suspects à renifler

 

Dès qu'un suspect est appréhendé par les forces de l'ordre, la comparaison olfactive va pouvoir être effectuée. Arrive alors une brigade de choc : deux chiens dressés pour le rôle demandé. Leur membrane olfactive mesure 130 cm² contre 3 cm² chez l'homme. Leur odorat est donc 40 fois plus développé et sensible que chez les humains.

Après avoir humé le suspect présenté, un chien sent différentes bandes de coton stockées dans des bocaux hermétiques. L'une contient celle prélevée sur le lieu du crime. Si le chien s'arrête devant le bon bocal, le maître chien le fait recommencer après avoir interverti les bandes. Si c'est positif, le deuxième chien est soumis à la même procédure. S'il reconnaît la même bande, cela prouve que le suspect était bien sur les lieux du crime.

 

Une technique décriée

La France n'est pas le seul pays à avoir recours à cette technique. Cuba, Les Pays-Bas, la Belgique, ainsi que quelques landers allemands s'y intéressent de près.

En 2003, la police française avait pu confondre un criminel grâce à l'identification de son odeur. Malheureusement, cette technique est loin de faire l'unanimité surtout auprès des juges d'instruction qui estiment qu'on ne peut pas se baser uniquement sur l'odorat d'un chien.

En Hongrie, les instances judiciaires pensent autrement et l'odorologie est considérée comme une preuve scientifique fiable, autant que l'ADN ou la dactyloscopie, la reconnaissance par les empreintes digitales.

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