L'Internaute > Science 
> La science et nous > Dossiers > Rien n'échappe à la police scientifique
SOMMAIRE

En savoir plus

L'entomologie est la science qui étudie les insectes. Vous vous demandez quel est le rapport avec la police scientifique et vous avez raison. Les insectes que l'on peut retrouver sur un cadavre ou sur une arme meurtrière ensanglantée ne sont pas là par hasard. Leur étude peut permettre de dater la mort : on parle alors d'entomologie forensique.

Les insectes nécrophages ne sont pas si nombreux mais ils attirent beaucoup de prédateurs. Photo © Claude Wyss

Quels insectes

La putréfaction d'un corps laissé à l'air libre attire une faune particulière, celle des insectes nécrophages. Ces insectes sont effectivement en quête d'organismes morts pour assurer la subsistance de leurs larves. Plus clairement ils se nourrissent des cadavres. A leurs côtés, on trouve les insectes nécrophiles, qui ne mangent pas les corps morts mais les insectes nécrophages. Outre ces considérations biologiques, tous sont de précieux indices pour déterminer l'époque de la mort de la victime, car en effet, les différentes espèces se succèdent dans le temps, en fonction de l'avancée de la décomposition des chairs. On compte huit espèces caractéristiques. Cette succession de huit espèces différentes a été décrite par P. Megnin sous le nom d'escouades. Mais pour certains, les escouades n'existent pas. En effet, il semblerait que les insectes nécrophages ne se relayent pas dans des temps et ordres finis.

» Les mouches : Elles sont les premiers insectes à arriver sur une dépouille, de mars à octobre. La grosse mouche bleue à viande, Calliphora vicina, pond ses œufs dans les plis humides du corps.
» Sarcophaga, Lucilia et autres diptères : La deuxième escouade à intervenir, très attirée par les fortes odeurs dues aux fermentations naissantes du corps mort.
» Insectes amateurs de graisses animales fermentées : Au bout de deux à trois mois après la mort, les graisses du corps fermentent, c'est la fermentation butyrique.
» De nouvelles mouches : Au troisième mois. Les matières protéiques du corps sont détruites et cette nouvelle étape dégage de fortes odeurs ammoniacales qui attirent des mouches, différentes des premières, dont les asticots sont connus pour se nourrir de fromage.
» Diptères et coléoptères : Ces derniers vont immédiatement arriver sur la dépouille car il se nourissent des mouches et de leurs asticots.
» Petites mouches (Ophyra, Phora) et coléoptères (Necrophorus etc.) : Leur arrivée correspond généralement à la fin des fermentations du corps.
» Arachnides : Ce ne sont donc pas des insectes qui entrent en jeu lors de la septième vague mais bien des acariens microscopiques.
» Encore des coléoptères (Tenebrio, Ptinus etc.) : Environ un an après la mort, ils se nourrissent des ultimes restes organiques soutenus par le squelette ainsi que des dépouilles des insectes passés avant eux.
Mais pour certains, les escouades n'existent pas. En effet, il semblerait que les insectes nécrophages ne se relayent pas dans des temps et ordres finis.

Grâce aux insectes, on peut donc dater la saison de la mort et savoir si le corps a été déplacé (par exemple en découvrant une espèce champêtre sur un corps trouvé dans une maison). Dans de bonnes conditions, on peut néanmoins dater la mort à plus ou moins 24 heures.
Mais rappelons que cette méthode repose sur des paramètres qui varient énormément. En effet, elle repose sur la durée de décomposition du corps et le temps de développement des insectes, fortement liés à l'environnement et aux conditions climatiques.

Etant donné les marges d'erreur considérables, il ne s'agit pas d'une technique fiable à utiliser seule.

En savoir plus Dossier : Insectes : Plus sociaux que nous !

Magazine Science Envoyer | Imprimer Haut de page
Votre avis sur cette publicité
www.linternaute.com Science