L'Internaute > Science  > Science et nous > Dossier > Recherche : ce qui doit changer en France
SOMMAIRE

En savoir plus

Sujet illustré

Au fil des ans, la recherche française est devenue une véritable pelote de laine dont les fils se seraient emmêlés. Elle est morcelée dans toutes ses dimensions : entre les spécialités, entre recherche fondamentale et recherche appliquée, entre grandes écoles et universités, entre entreprises et recherche publique…

Des ressources éparpillées

La France empile les structures, les organismes et les formes de financement. On dénombre ainsi (voir le tableau) neuf EPST (établissement public scientifique et technique), quatorze Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) en nucléaire, spatial ou environnement, des EPA (Etablissements publics à caractère administratif) des fondations privées mais avec un financement public (Institut Curie, Institut Pasteur, etc.)...

Ce à quoi il faut ajouter les universités (82 au total, un record mondial), les grandes écoles, et les entreprises privées qui emploient au total plus de 75 000 chercheurs. Chaque gouvernement crée en plus des structures diverses (génopole, cancéropole…) qui s'ajoutent au fur et à mesure, et multiplient les centres de décision.

Le poids de l'administration ?

"Le moindre retard peut être fatal : il ne sert à rien d'être le deuxième à faire une découverte ou à déposer un brevet."

Du coup, des crédits qui auraient pu être employés efficacement sur un grand projet clair et porteur se retrouvent dispatchés sur une multitude de petits projets. Plusieurs chercheurs témoignent à mots couverts de la "gestion bureaucratique" des gros organismes de recherche. Un chercheur du CNRS reconnaît même sur un forum de discussion "crouler sous le poids de la paperasserie".

Ces lourdeurs administratives grèvent l'efficacité de la recherche : il ne sert à rien d'être le deuxième à faire une découverte ou à déposer un brevet. Le moindre retard peut donc être fatal. "Il faut batailler pendant des semaines pour se rendre à un congrès" explique Jean-François. Pour le prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn, "il faut ouvrir les frontières entre les disciplines". Il souhaite une totale liberté pour les jeunes chercheurs, une fois le projet de recherche bien évalué.

Magazine Science Envoyer | Imprimer Haut de page
www.linternaute.com Science