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Sujet illustré

En 2005, le budget civil de recherche et développement (BCRD) était de 9,285 milliards d'euros, en hausse de 10% par rapport à 2004. Un chiffre qui n'a pas beaucoup de signification, tant le budget de la recherche est éclaté entre les différents ministères : pas moins de quinze y sont associés. La Cour des comptes signalait d'ailleurs en 2001 dans son rapport que "l'effort budgétaire de l'Etat en faveur de la recherche est difficile à évaluer de façon précise".

L'inertie de la recherche publique

Le budget est accaparé aux trois quarts par les salaires des chercheurs. La marge de manœuvre est donc limitée pour lancer de nouveaux projets. Alors qu'aux Etats-Unis, on peut décider du jour au lendemain de doubler le budget en Sciences de la vie, il n'y a en France aucune vision d'ensemble, malgré le nombre impressionnant de commissions scientifiques (OPECST, OST, CNE, CSRT…).

Le financement de la recherche publique : un véritable labyrinthe. Image © L'Internaute Magazine

Chercheurs... d'argent

Les chercheurs français se plaignent d'un manque de moyens ? Dans le domaine des mathématiques, pourtant l'un des moins gourmands en financement, un chercheur du CNRS ne dispose que de 750 euros par an pour ses travaux. "Tous les crédits sont épuisés à la moitié de l'année", se plaint Bertrand Monthubert, maître de conférence à l'université Paul Sabatier (Toulouse).

"Un chercheur en mathématiques du CNRS ne dispose que de 750 euros par an pour ses travaux"

Pour finir l'année, les chercheurs sont donc obligés d'aller chercher des financements ailleurs. Ils scrutent les appels d'offre, issus des fonds européens, d'organismes publics, de fondations (ARC, Agence Nationale de la Recherche…), ou d'entreprises privées.

Mais comme les financements portent sur des sommes très faibles, il faut trouver plusieurs sources d'argent pour boucler le budget total d'un projet. Evidemment, chercher l'argent et monter des dossiers prend beaucoup de temps. Du temps qui n'est pas affecté à la recherche elle-même.

Comme les chercheurs n'ont par exemple pas assez d'argent pour se rendre dans les congrès à l'étranger, ils ont donc peu de visibilité internationale. Ce qui expliquerait le faible nombre de publications dans les grandes revues scientifiques. Sans compter l'image que donne la recherche française. "Nous avons un projet en collaboration avec le Brésil en ce moment, explique Bertrand Monthubert, mais on ne sait pas comment le continuer : il n'y a plus de crédits".

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