Pour Luc Teyton, immunologiste au Scripps Research Institute en Californie,
le problème est moins un manque d'argent que son utilisation.
"On pourrait
économiser 50% des sommes en jeu rien qu'en évitant de subventionner les chercheurs
inutiles ou médiocres !" affirme-t-il (L'Express, du 25/10/2004). Prenez
l'Institut Pasteur. Avec un budget à peu près équivalent à celui de notre institut
- 350 millions de dollars - qui, lui, est entièrement privé, il publie cinq fois
moins que nous. C'est catastrophique et montre bien qu'il y a un problème de productivité
spécifique à la France."
Autre problème souvent entendu, celui-ci proprement administratif : "pour avoir le droit de dépenser
deux euros il faut obtenir la signature de toute la hiérarchie jusqu'au ministre
-- et l'argent pour les crayons ne peut pas être dépensé pour acheter des gommes
!" explique par exemple Jean-François.
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| La France commence elle aussi à bouger.
En 2005 a ainsi été créée l'ANR
(Agence Nationale pour la Recherche), chargée de financer des projets sur des
thématiques prioritaires, de favoriser les partenariats public-privé et l'innovation. |
Selon un rapport de l'IGF (Inspection générale de Finances) de 2004, le CNRS
est ainsi dominé par une "logique de reconduction" : au lieu de privilégier les laboratoires
les plus performants, il distribue effectifs et crédits à tout le monde. Les crédits
de base sont ainsi réévalués tous les 4 ans seulement.
Etre plus sélectif, un gage d'efficacité
| "50% de la recherche publique en Angleterre est financée
par appels à projets" |
La plupart des pays, au contraire, utilisent les appels à projet pour développer
la recherche. Ce type de financement permet d'encourager un domaine en particulier
et un mode de gestion plus souple.
Des agences indépendantes définissent des priorités
scientifiques et technologiques. Les équipes de recherche qui présentent le meilleur
projet remportent l'appel d'offre et se voient allouer la somme correspondante.
50% des financements publics pour la recherche sont ainsi alloués en Angleterre,
et 60% aux Etats-Unis. Et en France ? 2%. Certes, on compte dans le budget fixe
les salaires, ce qui n'est pas le cas à l'étranger. Mais la différence
est là.