Les universités françaises semble avoir du mal à atteindre une notoriété mondiale.
Au classement de Shanghai,
qui classe les universités selon leur performances, l'université Paris VI atteint
péniblement la 45e place et Paris XI est classée 64e.
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| Le campus du prestigieux MIT (Massachusetts Institute
of Technology), d'où sortent les meilleurs scientifiques mondiaux.
Photo © MIT |
Il faut dire que les universités françaises, qui par ailleurs sont financées à 85,7% par le public (la proportion est seulement
de 59,3% au Canada, et de 46,9% aux Etats-Unis) ne bénéficient pas, comme les établissements étrangers, de droits d'inscription
importants.
Cela dit, les universités étrangères pratiquent également l'appel aux dons de particuliers et d'entreprises
: la Fondation d'Harvard reçoit
ainsi chaque année l'équivalent de 20% du budget de l'Etat Français consacré à
la recherche.
Les anciens élèves, qui occupent des postes clés dans les grandes entreprises mondiales, savent donc se souvenir de leur ancienne université : ce dernier phénomène s'observe aussi en France, mais plutôt du côté des grandes écoles qui d'ailleurs - paradoxe national - attirent l'essentiels des crédits publics bien qu'elles ne rassemblent pas, et de loin, la majorité des élèves de l'enseignement supérieur.
La concentration des moyens
L'excellence des établissements comme Harvard, Oxford ou Stanford s'explique
aussi par la concurrence entre les universités. Aux Etats-Unis, 80% des crédits
fédéraux pour la recherche et l'université sont attribués à 13% des établissements
d'enseignement supérieur. Ces derniers se livrent une guerre sans merci pour attirer
les meilleurs professeurs. Steven Picker, un spécialiste du langage et de l'esprit
professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), a ainsi été débauché
par Harvard, attiré par les 18 milliards de dollars du budget qu'on lui proposait.
Le prestige de ces établissements les autorise à augmenter les droits de scolarité
tout en étant de plus en plus sélectives. Et en recrutant les meilleurs scientifiques
du monde, elles gagnent encore plus d'appels d'offres du gouvernement et des fondations.
La boucle est bouclée. En France un autre choix, plus égalitaire, a été fait.
Tout le monde en profite
| "Le prestige des grandes universités les autorise à
augmenter les droits de scolarité tout en étant de plus en plus sélectives" |
Mais les étudiants qui financent leurs études par des bourses ou des
prêts étudiants, voient cette compétition plutôt d'un bon œil. Et pour cause :
après l'obtention de leur diplôme, eux aussi font jouer la concurrence.
Raphaël,
jeune chercheur français en nanotechnologies à Liverpool explique ainsi
:"Si une autre université vous fait une offre plus intéressante, on peut en
profiter pour demander une augmentation !".
Mais elle a aussi ses revers :
les salaires mirobolants accordés à certains professeurs (parfois plusieurs milliers
de dollars) font, insistons sur ce point, grimper les frais de scolarité. Ces derniers atteignent les 38
000 dollars dans les plus grandes universités.
Ce classement prend en compte
le nombre de prix Nobel sortis de l'université, le nombre de citations des enseignants-chercheurs,
le nombre d'articles publiés, et un indicateur de performance (division des indices
précédents par le nombre d'enseignants-chercheurs).