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Est-il possible de faire de la science et de la religion deux entités dépendantes ? Oui, et cette idée qui semble tout droit sortie du Moyen-âge s'appelle le créationnisme. Malgré l'apparition et le développement des théories évolutionnistes, cette idéologie connaît aujourd'hui un regain d'intérêt chez certains scientifiques.

 

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Dieu est le créateur de l'Univers et cela se prouve scientifiquement dans les moindres détails selon les créationnistes. Photo © DR

Plus qu'une croyance, une doctrine

Ce courant de pensée n'est pas fondé sur la seule croyance que Dieu est le créateur de l'Univers. Au contraire il s'agit de réellement utiliser la science moderne pour détailler l'origine de la Terre, c'est-à-dire faire coïncider la cosmologie religieuse avec les données scientifiques. Cette doctrine est commune aux trois principales religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et le l'Islam. Toutes "rejettent" les théories évolutionnistes. D'ailleurs, le créationnisme chrétien s'est construit en réaction avec les thèses de Charles Darwin explicitées dans son fameux ouvrage De l'origine des espèces de 1859. Pour lui, les caractères biologiques des êtres vivants évoluent au cours du temps, ceci est impensable pour les créationnistes qui n'acceptent pas l'idée que Dieu crée des êtres "imparfaits". Darwin introduit aussi l'idée de la sélection naturelle induite par la lutte pour la survie, sur ce point là, les créationnistes s'insurgent car Dieu ne peut, selon eux, donner vie à des espèces inutiles et faibles.

Une doctrine bien vivante

Aujourd'hui, le créationnisme retrouve une sorte de seconde vie. On le pensait totalement désuet, pourtant il se diffuse de plus en plus à travers le monde, et notamment aux Etats-Unis et en Australie.

En France, le pays source des thèses évolutionnistes, il est très peu répandu. C'est pourquoi, chaque scientifique qui s'en réclame est toujours violemment dénoncé par ses pairs. C'est le cas de la paléontologue Anne Dambricourt-Malassé. Elle a créé la polémique en exposant ses théories créationnistes dans un documentaire vidéo de Thomas Johnson : Homo sapiens - une nouvelle histoire de l'homme. De plus, elle est l'une des signataires de la pétition lancée par le Discovery Institute américain, considéré comme le fer de lance de la croisade créationniste aux Etats-Unis. Adhérant à ce groupe, elle avoue donc être "sceptique devant la prétention de rendre compte de la complexité de la vie par des mutations aléatoires et la sélection naturelle". Du même coup, elle affirme qu'une "investigation approfondie de la validité de la théorie darwinienne devrait être encouragée". Un exemple de créationnisme à la française.

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