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| On compare souvent le temps à un fleuve. Cette métaphore entraîne plein d'a priori clandestins puisqu'on attribue au temps les propriétés des fleuves comme la vitesse : or la
vitesse du temps est impossible car v est une dérivée du temps. De plus,
pour parler d'écoulement, il faut se référer à quelquechose de fixe, qui ne s'écoule pas. © Laetitia Seta, Galerie photos de l'Internaute |
| "Quatre difficultés nous empêchent de saisir réellement ce qu'est le temps" |
"Qu'est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus." Cette célèbre phrase de Saint-Augustin illustre le paradoxe qui se pose lorsque l'on parle du temps. Immergés dedans (impossible de nous en extraire), nous ne savons comment le définir.
Quatre obstacles et des dizaines de questions
Intuitivement, il nous apparaît incompressible, inextensible, irréversible. Le problème, c'est que toutes ces expressions présupposent ou contiennent déjà l'idée du temps.
En effet, au moins quatre difficultés nous empêchent de saisir réellement ce qu'est le temps.
D'abord la pauvreté du langage : le mot "temps" ne désigne rien de concret. Ensuite, on ne peut s'extraire du temps (même sans événement, il reste). De plus, on confond souvent le temps (qu'on se sait donc pas définir) et sa fonction (renouveler le présent). Et enfin, le temps n'est perceptible directement par aucun de nos sens.
Ils sont nombreux les penseurs, philosophes et scientifiques, à s'être posé ces questions. Y'a-t-il un ou des temps ? S'écoule-t-il toujours de la même façon ? Passe-t-il tout le temps ? Combien de temps dure l'instant ? Le temps est-il subjectif ou objectif ? Réversible ou pas ? A-t-il un début ? Est-il intérieur ou extérieur à l'homme ? S'écoule-t-il ou le traversons-nous ? Pourrions nous le maîtriser ? Ou au contraire en sommes-nous les prisonniers ? N'est-il qu'une illusion ?
A quelques unes de ces questions nous allons tenter d'apporter des éléments de réponses.