| Septembre
2007 "Jetbelt"
: le pouvoir de voler sans ailes
| Voler
: un véritable fantasme pour l'homme qui depuis toujours redouble d'ingéniosité.
Avion, montgolfière, ULM, deltaplane…sa créativité est débordante et parfois même
folle. A l'image de cette "ceinture fusée" capable de propulser un individu à
plusieurs mètres du sol. | L'espion de sa Majesté,
James Bond, sait aussi bien nager avec des requins, récupérer un avion
en vol au bord du crash ou encore faire du ski sans ski. En un mot il peut tout
faire y compris s'échapper d'une situation inextricable grâce à un sac à dos doté
de propulseurs, le "rocketbelt" ou 'jetbelt" (ceinture fusée).
La réalité rejoint de plus en plus la fiction. De nombreux ingénieurs mettent
au point ce petit bijou technologique pour la modique somme de 200 000 dollars.
Une ceinture détonante L'idée d'un
"homme fusée" ne date pas d'aujourd'hui. Le premier a
présenté un prototype de ceinture volante est l'Américain
Wandell F.Moore dans les années 60 pour le compte de l'armée.
Leur objectif : transporter individuellement des fantassins le plus rapidement
possible. Cet engin de toute première catégorie est un sac à
dos contenant des réservoirs de combustible alimentés par
de l'eau oxygénée, et un moteur de fusée. Grâce
à ce système, l'individu peut décoller et atterrir verticalement
(même principe de poussée qu'une fusée classique). L'eau
oxygénée ou peroxyde d'hydrogène arrive dans une chambre
composée de grilles en fils d'argent, le catalyseur. Dans ce compartiment,
le combustible se décompose en vapeur d'eau et en oxygène
par une réaction d'oxydo-réduction, un système bien
écologique. La vapeur génère une forte pression qui est ensuite
expulsée par des tuyaux latéraux. L'homme peut alors décoller
et voler. C'est le principe d'auto réaction de Newton. Seul soucis
pour le rocketbelt : le temps de vol qui n'excède pas la minute et la gaspillage
énergétique. L'armée refuse le prototype. Des améliorations
sont apportées au fil des ans et face au regain de popularité de
cet engin, les ingénieurs redoublent de créativité et d'astuces. Un
combustible "explosif"
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| | Les
monergols sont stockés séparément avant de se rejoindre dans
la chambre de combustion. Photo © DR | |
Le peroxyde d'hydrogène reste toujours le combustible. Le défi
des constructeurs est d'optimiser le temps de vol sans mettre en danger la personne. Grâce
à des matériaux de plus en plus légers, le poids de
la machine est sensiblement diminué. C'est toujours ça en moins
à propulser ; déjà qu'il y a celui de l'individu ! Plusieurs
concentrations d'eau oxygénée existent 80%, 85% ou encore
90%. De nombreuses études énergétiques et de vélocité
indiquent que le 85% est le plus optimale pour créer une impulsion maximale
et sans gaspillage en énergie. Le rendement énergétique
est excellent. Autre astuce : coupler l'eau oxygénée avec un
autre combustible liquide tel que l'éthanol ou un solide comme le
polyethylène permet d'augmenter la force de propulsion et la vitesse
de déplacement. Par quel mécanisme ? L'oxygène libéré
lors de la dismutation du peroxyde d'hydrogène oxyde le composé
organique. Le prochain "jetbelt" dont la sortie est prévue
le 11 décembre 2007 permettra aux accros des sensations fortes de parcourir
une distance moyenne de 43 kilomètres à une vitesse de 133 km/h
pendant 19 minutes. Un cadeau de Noël plutôt onéreux : il vous
en coûtera 200 000 dollars.
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