SOLO-TREC : un robot sous-marin totalement autonome

SOLO-TREC : un robot sous-marin totalement autonome La NASA a développé un robot sous-marin capable d'alimenter ses batteries tout seul. Comment ? Il utilise la différence de températures de l'eau environnante.

Explorer les profondeurs des océans, visiter des épaves, faire des relevés scientifiques sur place... Toutes ces recherches sur le terrain ne sont faisables que via des petits robots sous-marins tels que le Nautile.

Les plongées dépendent de la durée de charge des batteries de l'engin. Alors imaginez un sous-marin capable de rester en permanence actif et apte à produire sa propre énergie. Impossible ? La NASA vient de prouver le contraire en testant au large des côtes hawaïennes le dernier né du laboratoire Jet Propulsion de Pasadena (Californie) : SOLO-TREC (The Sounding Oceanographic Lagrangrian Observer Thermal RECharging).

L'objectif de ce robot sous-marin est de récolter des informations sur la température et la salinité des océans afin de consolider les connaissances sur les courants marins.

solo trec1
Le robot autonome SOLO-TREC est mis à l'eau pour un essai au large des côtes hawaïennes. © NASA/PL/US.Navy/Scripps Institution of Oceanography

 

Une bouée de cire en autogestion

SOLO-TREC se présente sous la forme d'une grosse bouée composée de compartiments à huile comprenant des cylindres de cire. Comment arrive-t-il à alimenter ses batteries seul ?

Ce robot utilise l'énergie thermique de l'eau. La cire change d'état dès que la température excède 10°C. En surface, l'eau est plus chaude, dès lors la cire devient liquide, se dilate et augmente de facto le volume des cylindres.

Ce changement a pour conséquence de faire migrer l'huile vers un réservoir à haute pression où elle est stockée. Une fois plein, ce réservoir libère l'huile comprimée qui passe à travers une turbine hydraulique. Ce mécanisme produit alors de l'électricité qui charge les batteries. L'huile est ensuite récupérée dans le réservoir.

Les batteries chargées alimentent des pompes qui peuvent ainsi aspirer ou expulser l'eau ce qui permet au robot de monter ou de descendre : c'est un système de ballastes. Les batteries font également fonctionner le récepteur GPS et les capteurs, mais aussi l'émetteur du robot facilitant son repérage.

En plongée, la température de l'eau se refroidit et la cire devient solide ; l'huile retourne alors dans ses compartiments initiaux. Pour se déplacer, le robot utilise l'énergie stockée dans les batteries et il remonte pour les recharger, etc.

Depuis novembre 2009, SOLO-TREC effectue des plongées avec succès, à plus de 500 mètres de profondeur, trois fois par jour. La finalité des ingénieurs du laboratoire Jet Propulsion est de développer toute une flottille de robots sous-marin afin d'étendre la surveillance des océans, ce qui améliorerait les prévisions météorologiques et climatiques.