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 PORTRAIT 
Octobre 2005

François Weyergans, le désemparé

Depuis Franz et François, François Weyergans avait disparu dans son bureau, envoyant beaucoup de fax pour annoncer des manuscrits dont on ne voyait jamais la première page.

Photo ©Roller / Grasset
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Art et télévision
Né en 1941, François Weyergans est homme de Lettres, d'images et de théâtre. Il a réalisé plusieurs documentaires sur l'art et quelques longs métrages, mais il est surtout connu en tant qu'écrivain.
Le cinéma n'est pas pour lui un art au sens traditionnel du mot, car il nécessite un lourd travail d'équipe, de temps et de l'argent. Mais Weyergans aime le Septième Art, malheureusement écrasé par la télévision qui prétend le servir. La télévision, c'est aujourd'hui "la grande prêtresse de tous les discours". François Weyergans veut bien y passer mais reste lucide et sait qu'il ne fait que la promotion d'un livre sous prétexte de rencontrer le public.
Il préfère le musée Picasso où il se rend quand il a l'angoisse de la page blanche. Il aime aussi Giacometti, qu'il a connu et qui a été un maître pour lui.

Le processus d'écriture
Il se passe de longues années pendant lesquelles il ne publie rien. Il annonce sans cesse à ses éditeurs que son livre est prêt, ceux-ci en font la promotion et puis... rien. Que fait Weyergans ? Il écrit, certes, il pense. Il écrit des fax quand il n'arrive pas à écrire son roman. Il reprend des passages du manuscrit de nombreuses fois, se corrigeant, se re-corrigeant, dans le but de retrouver la fraîcheur du premier jet. Une ré-écriture sans fin. Ecrire est douloureux, pénible. Le seul livre qui lui a été agréable de faire est son premier roman, Salomé, écrit en 1969, qui parait en 2005 en même temps que Trois jours chez ma mère, candidat au Goncourt.

Romans à tiroirs
Dans Franz et François, Weyergans rendait hommage à son père, lui-même écrivain. Le fils a grandi dans le bruit de la machine à écrire. Avec Trois jours chez ma mère, c'est le tour de celle-ci, mais y arrive-t-il finalement ? Car dans le roman même, le narrateur Weyergraf s'invente un autre Graffenberg, qui s'invente à son tour un Weyerstein, chacun communiquant à l'autre son impuissance créatrice.
François Weyergans est l'écrivain du désarroi, et est passé maître dans l'art de la digression. Il écrit des romans en poupées russes et s'ingénie à creuser de nombreux tunnels d'une oeuvre à l'autre.

Prix Goncourt 2005
A l'annonce du Prix Goncourt 2005, François Weyergans téléphone à sa mère. Priorité légitime de celle qui lui a toujours fait confiance, et dont le roman récompensé cherche à faire le portrait. François Weyergans se rejouit de ce Prix, mais il se réjouit surtout qu'un public plus large encore va lire son livre ; et surtout, un public qui, dit Weyergans "ne sait pas comment je m'appellais avant".


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2005
2005
Le Pitre 1973
Les figurants 1980
Le radeau de la méduse 1983
La démence du boxeur 1992
Franz et François 1997
 
 
 
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