|
LIVRES
Juin 2007
"Luxe, calme et volupté", l'inspiration de Baudelaire nous est contée...
"Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amour, c'est que c'est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice" (Charles Baudelaire). Un auteur, une passion, un chef-d'œuvre...Les "Fleurs du Mal" marquent l'avènement de la poésie moderne. Ce recueil de poèmes, en traversant les époques, a inspiré les plus grands artistes, d' Arthur Rimbaud à Paul Valéry, en passant par André Breton et les surréalistes. A sa sortie en 1857, il fut condamné pour "outrage à la morale publique et aux bonne mœurs" car jugé trop choquant pour la morale bourgeoise. Baudelaire a su révéler dans ses poèmes la dualité entre le bien et le mal. La laideur est liée à la beauté, l'enfer au ciel et la violence à la volupté. La beauté éclot sur le terreau du mal et ce paradoxe déroutant bouleverse encore des générations de lecteurs. Non reconnu de son vivant, Charles Baudelaire a mené une vie de bohème, s'abîmant dans les vapeurs de l'alcool, les fumées des drogues et dans les bras des femmes. Cette fascination du poète pour les femmes est particulièrement présente dans les vers des "Fleurs du Mal" qui les présentent comme des êtres envoûtants, inaccessibles et donc dangereux. L'amour et la mort y sont intimement liés comme dans la vie amoureuse de l'écrivain.
» Auteur : Michaël Prazan
Paris, XIXe siècle, marqué par le "spleen" et la misère. Dans les bas-fonds de Paris, les artistes se consument dans les paradis artificiels. Théophile Gautier, Nadar, Nerval, Courbet, Manet… Charles Baudelaire incarne lui aussi cette génération d'esprits torturés. En 1842, il rencontre Jeanne Duval et en tombe éperdument amoureux. Mulâtresse et comédienne, la jeune femme doit faire face au mépris de ses contemporains et affronter la haine de sa belle-mère, Mme Aupick. Pendant vingt ans, elle partage le quotidien chaotique de Baudelaire, ses excès, sa jalousie maladive et son infidélité. Lorsqu'il souffre de la syphilis, Jeanne ne l'abandonne pas et endure ses crises de folie et ses envies suicidaires, jusqu'à se perdre elle-même.
» Biographie : Michaël Prazan à 37 ans. Ce jeune journaliste est connu pour avoir réalisé de plusieurs documentaires. Mais sa première passion reste l'écriture. Après avoir publié plusieurs essais, notamment "Pierre Goldman, le frère de l'ombre" au Seuil en 2005, il nous entraîne dans la vie privée d'un maître de la versification. "La maîtresse de Charles Baudelaire" est son premier roman.
» Extrait : Il n'oublia pas Jeanne, dont il était parvenu à se procurer l'adresse. En exergue de l'exemplaire (des "Fleurs du Mal") qu'il lui fit parvenir, il n'écrivit qu'une phrase, extraite d'un de ses poèmes. Un vers superbe, peut-être le plus beau, et qui disait ceci : "Ton souvenir en moi, luit comme un ostensoir" (p. 156).
Entre sensualité à fleur de peau et évasion exotique, Jeanne Duval personnifie la "Vénus noire" dans les "Fleurs du Mal". Charles Baudelaire lui a plusieurs fois rendu hommage dans des poèmes éloquents. Morceaux choisis : L'invitation au voyage Des meubles luisants,
Vois sur ces canaux
Parfum exotique
La Chevelure
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Un port retentissant où mon âme peut boire
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Longtemps ! Toujours ! Ma main dans ta crinière lourde
» Voir aussi : Charles Baudelaire
|
|||||||||||||||||||
rechercher
Services personnalisés gratuits : Inscrivez-vous | Accès membres
Accès membres : merci de vous identifier Mot de passe oublié ?
Bienvenue Prénom - Déconnexion