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Joel et Ethan Coen © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Nous, nous le voyons
plutôt comme un pur film de genre". |
Avant
d'être un film, No
Country For Old Men est un roman de Cormac McCarthy. Comment l'avez-vous adapté
?
Frères Coen : Même si nous n'avons pas respecté le roman
à la lettre, nous sommes restés fidèles à son esprit. Nous avons éliminé certains
personnages, déplacé d'autres... Tout ne pouvait malheureusement pas apparaître
à l'écran. Quant à la fin, c'est ainsi que se terminait le roman. Avec une ellipse
qui fissurait la noirceur générale de l'histoire.
Comment définiriez-vous
ce nouveau film ?
Frères Coen : C'est intéressant de constater
que certaines personnes l'ont qualifié de western. Nous, nous le voyons plutôt
comme un pur film de genre. C'est une course-poursuite en fin de compte. Le livre
nous avait fascinés parce qu'il prend des chemins inattendus. Le fait que les
trois personnages se poursuivent sans jamais se rencontrer nous semblait très
intéressant...
Malgré tout, vous avez réussi à imprimer votre
patte sur cette histoire...
Frères Coen : Pour être tout
à fait honnête, nous avons de suite vu des similitudes avec Fargo.
Concernant l'humour noir notamment. Mais nous nous sommes bien vite détachés de
cette référence.
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Kelly MacDonald © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "En fait, il faut
savoir que j'ai toujours adoré imiter les accents." |
Kelly
McDonald, vous êtes écossaise. Pourtant, vous avez pris l'accent texan avec une
rare facilité... Les Frères vous ont-ils choisi pour cela ?
Kelly
McDonald : Ca leur a pris un peu de temps... (rires) Ils ont cherché un moment
avant de comprendre que la petite écossaise que je suis pouvait s'en sortir. En
fait, il faut savoir que j'ai toujours adoré imiter les accents.
Frères
Coen : En fait, nous avions peur qu'écossaise, elle n'y arrive pas...
Et pourtant ! Elle a emprunté l'accent texan avec beaucoup d'aisance.
En
tant que Frères, comment coopérez-vous sur le tournage ?
Frères
Coen : Il n'y a jamais de différents entre nous. Un film n'est que le fruit
d'une coopération entre de nombreuses personnes. Et nos discussions n'étaient
pas plus remarquables que celles que nous avions avec le reste de l'équipe
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Josh Brolin © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Ils [Les frères
Coen] sont comme un seul corps surmonté de deux têtes." |
Josh
Brolin : Je confirme : ces deux-là ne se disputent jamais. Ils sont comme
un seul corps surmonté de deux têtes (rires). Voilà le genre de relations que
je n'aurai jamais avec mon frère... (rires).
Javier Bardem : Entièrement
d'accord avec Josh. D'ailleurs, quelle surprise lorsque j'ai appris qu'ils ne
dormaient pas dans le même lit ! (rires)
Connaissiez-vous le
livre avant de tourner ?
Josh Brolin : Sam Shepard m'avait
assuré qu'il était exceptionnel ! Il espérait d'ailleurs que les Frères Coen réussiraient
leur adaptation.
Javier Bardem : J'ai affirmé aux Coen l'avoir lu...
Ce qui est faux bien sûr : je ne parle pas un traitre mot d'anglais ! (rires)
C'est d'ailleurs pour ça que je fais constamment cette tronche dans le film :
je comprends rien à ce que je dis ! (rires)
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Javier Bardem © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Le scénario : voilà
le plus important à mes yeux." |
Comment
choisissez-vous vos films ?
Javier Bardem : Sachant qu'aucun
metteur en scène ne fait un bon film sans une bonne histoire, vous connaissez
la réponse. Le scénario : voilà le plus important à mes yeux.
Vous
êtes des cinéastes cultes dont on attend toujours le meilleur. Comment vivez-vous
cette pression ?
Frères Coen : Nous n'en avons pas conscience.
D'ailleurs y a-t-il vraiment pression ? Il ne faut pas s'encombrer de ce genre
de considérations. A quoi bon ? Le film est filmé, monté, fini ; c'est trop tard.