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Jake Gyllenhaal © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Quand Fincher vous veut
pour un film, vous acceptez les yeux fermés" |
Alors
David Fincher, avec Zodiac
vous nous faites encore un thriller ?
David Fincher :
A l'époque, j'avais un contrat avec mon agent : plus de thrillers, encore
moins avec un serial-killer (rires). Mais, lorsqu'il a reçu le scénario de Zodiac,
il a rompu notre accord : il me l'a envoyé. Et j'ai vite compris que c'était un
film très différent de ceux que j'avais pu faire. L'aspect politique, social,
est bien plus présent que dans Seven
par exemple. De plus, j'ai vécu ces événements. Gamin, je résisdais en Californie,
et je me souviens très bien du Zodiac, de la panique causée par ce tueur mystérieux.
Jake Gyllenhaal, avez-vous hésité à participer
à Zodiac
? Le film peut dérouter...
Jake Gyllenhaal : Non,
pas une seconde. Quand un réalisateur comme David Fincher vous propose un film,
vous l'acceptez les yeux fermés. Par la suite, la lecture du scénario m'a conforté
dans mon choix : j'ai visualisé quel film formidable David pouvait tirer d'une
telle histoire. Pour répondre concrètement à votre question, je crois le public
intelligent. Et quand bien même le film désarçonnerait que ce ne serait pas grave
: j'ai pu découvrir que certains films incompris à leur sortie s'imposaient avec
le temps.
David Fincher, pensez-vous que Jake Gyllenhaal
soit un des acteurs les plus prometteurs de sa génération ? Et vous Jake,
trouvez-vous que votre carrière a pris un nouveau tour avec le succès de Brokeback
Mountain ?
David Fincher : C'est indiscutable : Jake
est un acteur plus que prometteur.
Jake Gyllenhaal : Merci, merci
(rires) ! Pour répondre à votre question : Brokeback n'a fait aucun mal à ma carrière,
au contraire. D'ailleurs, Brokeback
ne m'a pas fait mal tout court... Hum ! (rires).
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David Fincher © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Zodiac est une oeuvre
sur la recherche de la vérité" |
Le
scénario de Zodiac étonne par sa densité...
David Fincher
: (...) Nous avons évité les fioritures pour ne pas détourner les spectateur du
poids des mots. C'est donc un film très sobre, en tableaux, dans lequel les personnages
interagissent en fonction des infos et indices qu'ils ont à leur disposition.
Cette menace du serial-killer qui peut frapper à toute heure renvoie-t-elle à
la psychose terroriste ?
David Fincher : (...) Cette panique
n'est vraiment pas au centre du film. Ce n'est pas le sujet... Film de traque,
Zodiac est surtout une oeuvre sur la recherche de la vérité. Il aborde également
la question de la manipulation des médias.
Comment se replonge-t-on
dans les années 70 ?
Mark Ruffalo : Faire un film qui se
déroule dans les années 70 change beaucoup de choses. Du moins me concernant.
Au cours de ma formation d'acteur, j'ai appris à me plonger dans l'époque du film.
C'est passionnant de retrouver la cadence des voix, l'intonation...
David
Fincher : On ne voulait pas que Zodiac
ait l'air d'un pastiche des années 70. Il fallait éviter les clichés et simplement
faire revivre cette époque. Nous avions conscience que nous n'étions pas en train
de tourner un épisode de Starsky et Hutch...
Alors David Fincher,
vous en avez terminé avec les serial killer ?
David Fincher
: Oui ! Désormais, il faudrait que ce soit vraiment une histoire originale, différente.
Comme Zodiac.
C'est un film sur la recherche de la vérité, de la logique dans un gigantesque
chaos. Le serial-killer n'est qu'une ruse pour parler d'autre chose.
Comment vivez-vous cette sélection à Cannes ?
David Fincher
: Comme un honneur. Maintenant, c'est aux jurés de jouer. De mon côté je vais
essayer de voir d'autres films...