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Les Chansons d'amour © Bac Films |
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| "Une
comédie musicale m'a permis d'atteindre un certain lyrisme..." |
"Christophe
Honoré, vous avez travaillé avec votre ami compositeur Alex Beaupin sur Les
Chansons d'amour. Comment cette envie s'est-elle manifestée ?"
Christophe
Honoré : Nous avons un goût commun pour les comédie musicales. Notamment pour
celles de Jacques Demy. J'ai senti, après Dans
Paris, que le moment était venu de me lancer dans une comédie musicale
moderne. Avec mon ami Alex Beaupin. A vrai dire, je n'avais jamais directement
abordé le sentiment amoureux dans mes films. On a peur d'être mièvre avec ce genre
de films. En faire une comédie musicale m'a permis d'atteindre un certain lyrisme
dans l'expression de cet amour.
Alex Beaupin : J'étais un peu effrayé
à vrai dire. Christophe m'a parlé du film en septembre... et il voulait le tourner
en janvier ! Il m'a fallu réécrire certaines chansons de mon album pour les besoins
du film, mais dans l'ensemble celà s'est bien passé. Mon travail sur le
film consistait surtout à faire chanter les acteurs le plus juste possible et
en rythme. Une tâche aisée puisqu'ils savaient tous plus ou moins chanter. Christophe,
lui, se concentrait sur l'incarnation. Parfois, nos visées respectives ont d'ailleurs
causé quelques frictions. Quand l'un se satisfaisait d'une prise parce que correctement
chantée, l'autre la refusait en raison de l'interprétation... (rires)
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Christophe Honoré © L'Internaute
Magazine / Julien Abadie |
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| "Le personnage
de Louis ressent beaucoup de sentiments, mais peine à les exprimer." |
" Pourquoi avoir divisé le film en 3 parties
distinctes ? "
Christophe Honoré : Ce principe des trois
temps, c'est assez classique dans une histoire d'amour, et dans les comédies sentimentales
en général : Amour, rupture, retour. "Le retour" de la fin, c'est à la fois des
retrouvailles mais aussi le retour du sentiment amoureux. Un sentiment qui revient
sous une forme inattendue. J'aimais bien cette idée. Le personnage de Louis ressent
beaucoup de sentiments, mais peine à les exprimer. A la dernière bobine, il a
changé, et se fend d'une espèce de déclaration...
" Chiara
Mastroianni, vous êtes la fille de Catherine Deneuve. Avez-vous songé aux Parapluies
de Cherbourg en faisant ce film ? "
Chiara Mastroianni
: On me pose souvent la question, mais je jure n'y avoir jamais pensé... Jamais
eu le temps en fait : le tournage a été tellement rapide !
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Ludivine Sagnier © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "Les références
me nourrissent, j'aime puiser ailleurs..." |
"
Et vous Ludivine, avez-vous songé aux Parapluies
de Cherbourg ? Votre première apparition y fait clairement référence... "
Ludivine
Sagnier : Contrairement à Chiara, j'y ai beaucoup pensé... Mais j'ai une tout
autre façon de travailler. Les références me nourrissent, j'aime puiser ailleurs
sans pour autant tomber dans le fétichisme. Et je me reconnais pleinement dans
les choix cinéphiles de Christophe.
"Le tournage a été
très rapide !"
Christophe Honoré : Oui, le film s'est
fait très vite. Scénario et casting ont été menés de front. J'ai parlé du projet
la première fois avec Chiara, puis ai attaqué le casting sur le versant féminin.
Pas le moindre garçon au début... A l'époque, je finissais Dans
Paris avec Louis Garrel. Il était en face de moi, et je ne pensais même
pas à lui proposer le rôle. Puis il a commencé à me chanter des messages sur mon
répondeur. Je ne savais même pas qu'il savait chanter ! Je lui ai fait l'affront
de l'audition et il est juste devenu évident.
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Louis Garrel © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| " ...je n'ai jamais
fait de trucs aussi impudiques que dans ce film..." |
Louis
Garrel : En fait, j'ai tout de suite vu que Christophe avait besoin de moi.
C'était un appel à secours au fond de lui.... (rires) Mais je n'ai jamais fait
de trucs aussi impudiques que dans ce film. Se ballader les fesses à l'air dans
Dans Ma Mère, ce n'est rien à côté du fait de chanter ! C'est un tel abandon
du corps...
" Scènes déambulatoires, générique sans prénoms...
Vous faites de la néo Nouvelle vague "
Christophe Honoré
: Je ne suis évidemment pas un cinéaste de cette génération. En fait, si mes films
rappellent la Nouvelle Vague, c'est certainement parce que le mouvance est la
même qu'à l'époque. Le cinéma français opère actuellement un clair retour au classicisme
; la volonté d'aller chercher autre chose se manifeste donc en réaction. Finalement,
moins que le style, c'est la manière de faire ces films qui rappelle la Nouvelle
vague. Ce n'est pas seulement esthétique. Il y a cette volonté d'aller à l'essentiel,
de filmer en liberté, sans contraintes budgétaires. Le temps de demander un financement
et de l'obtenir : deux ans s'écoulent avant de commencer un film... Et pour moi,
la vertu cardinale du cinéma n'est pas la patience. J'aime me donner "la liberté
de...". Cette idée d'accorder ses désirs à ses moyens, c'est une des grandes leçons
de la Nouvelle vague.
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Louis Garrel © L'Internaute Magazine
/ Julien Abadie |
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| "...on pourrait
diviser le travail sur ce film en deux parties (...) La contrainte et le plaisir." |
" Louis Garrel, parlez-nous de votre rapport
à Jean-Pierre Léaud ? "
Louis Garrel : Quand j'avais 14
ans, je ne jurais que par Jean-Pierre Léaud. Mon pote ne vivait que par le blues
? Moi c'était Léaud. C'est l'un des acteurs les plus inattendus qui soit. Il a
une musique particulière, proche du free jazz. J'adore sa façon de marcher, de
se mouvoir, de sortir du champ et d'y revenir. C'est un peu le messie ce mec.
(rires)
" Les
Chansons d'amour compte une grosse part d'improvisation, non ? "
Louis
Garrel : En fait, on pourrait diviser le travail sur ce film en deux parties
: le chant et le jeu. La contrainte et le plaisir. C'est comme à l'école, il y
a la chimie, très technique, précise, chiante et la gymnastique. (rires)