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Lost Highway © Mk2 Diffusion
 
"Un film sans histoire suivie, sans queue ni tête"

Si David Lynch est aussi adulé que détesté, c'est parce que plane sur l'ensemble de ses films un mystère assez trouble qui décourage certains spectateurs ou que d'autres vont s'amuser à débrousailler en dénichant le moindre indice qui pourrait leur apporter de la lumière sur ces métrages plutôt obscurs. Dominique de Provins fait plutôt partie de ceux qui restent hermétiques (et on les comprends !) à l'univers particulier de Lynch lorsqu'il affirme que Lost Highway est "un film sans histoire suivie, sans queue ni tête, [et que] ça se termmine de façon incompréhensible". Il est en effet impossible de saisir le film s'il on le suit comme une oeuvre classique avec une narration linéaire et logique.

 

En effet, Lost Highway introduit le concept du voyage intérieur, développé dans ces deux films suivants, Mulholland Drive et Inland Empire, à savoir la représentation visuelle de l'inconscient (et donc pas toujours très cohérente) d'un des personnages principaux. David Lynch s'attarde ici sur le cas de conscience d'un homme trahi par sa femme, des conséquences et de la culpabilité engendrés par ses actes criminels. Afin d'illustrer l'inconscient du héros, le réalisateur utilise le thème du double et brouille ainsi très facilement les pistes. Tentons donc d'en dégager le fil d'ariane et de trouver une cohérence dans ce méli-mélo spirituel.


Notre tentative d'explication

 
Renee ou Alice ? © Mk2 Diffusion
 

Le film est divisé en deux parties. La première s'attarde sur Fred (Bill Pullman), saxophoniste de talent qui soupçonne maladivement sa femme (Patricia Arquette) de le tromper avec un certain Dick Laurent surnommé Andy jusqu'au point de la tuer. Il est arrêté par les autorités et se retrouve sur la chaise électrique. La deuxième partie évoque les mésaventures de Pete, un jeune mécanicien amnésique épris d'Alice, une jeune femme blonde (également interprétée par Patricia Arquette) dont le compagnon, Mr. Eddy, n'a de cesse que de la violenter. Le jeune homme décide de la libérer de cette emprise malsaine en assassinant le mari violent. Comme pour Mulholland Drive et Inland Empire, une partie du Lost Highway est réelle, et une autre est fantasmée par le personnage principal. Mais il arrive que le rêve et la réalité s'imbriquent, ce qui ne manque pas de créer une certaine confusion chez le spectateur. Montons les pièces du puzzle, remettons les événements dans l'ordre afin d'en tirer une histoire claire et limpide.

 

 
Une femme fatale © Mk2 Diffusion
 

Renée aurait déjà fréquenté Andy (Dick Laurent) et mèneraient une relation assez malsaine et assez violente. Renee aurait tenté comme elle pouvait de se libérer de l'emprise nuisible de son compagnon, sans succès. Par la suite, Renee s'est donc marié avec Fred, sans qu'il n'ait été mis au courant sur la relation malsaine entre elle et Dick Laurent. Mais Fred commence toutefois à avoir quelques soupçons concernant la fidélité de sa femme. Il la voit partir avec Dick du club de jazz dans lequel il joue, elle ne répond pas au téléphone... Il se met alors à la suivre et la trouve en compagnie de Dick Laurent dans une chambre d'un motel. Fou de rage, il tue Dick Laurent puis sa femme et est arrêté pour meurtre.

 

Condamné à mort, Fred commence alors à réfléchir sur ce qu'il a fait et surtout, ce qu'il aurait dû faire. Il projette ainsi mentalement sa vie en la personne de Pete, un jeune mécanicien amnésique et innocent qui rencontre une femme (ressemblant comme deux gouttes d'eau à Renée) dont le mari, Mr. Eddy, est violent. Il parvient à le tuer et s'enfuir avec la femme dans le désert. Mais c'est alors que Fred se rend compte qu'il aurait pu faire ce qu'il voulait, rien n'aurait ramené Renée, et surtout rien ne l'aurait empêchée de le tromper. En effet, à ce moment-là, Pete redevient Fred et voit la jeune femme blonde s'en aller en prononcer la sentence : "Tu ne m'auras jamais". Fred met fin à son "voyage mental" en acceptant ce qu'il a fait, en assumant les meutres qu'il a commis. On le voit en effet à la fin du film écouter à l'interphone la même phrase prononcée au début du film "Dick Laurent est mort".

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