INTERVIEW
Février 2007
"Dreamgirls" : rencontre avec une équipe de rêve
L'équipe du film Dreamgirls vient tout juste de fêter ses très belles récompenses aux Golden Globes (voir sujet) ainsi que ses deux Oscars (voir le palmarès). L'occasion de discuter de ce film événement autour du réalisateur Bill Conlon, la "Nouvelle star" américaine Jennifer Hudson et les acteurs Jamie Foxx et Danny Glover. Danny Glover, vous êtes un Afro-Américain qui a connu les années 60, l'époque du film. Est-ce que la situation a changé pour la communauté noire ? Danny Glover : Ca me prendrait trois jours pour vous répondre (rires) ! Dreamgirls a en tout cas une volonté de retrouver un processus historique, c'est à dire le moment où tout a changé pour la communauté noire. Tout est arrivé à cette époque, notamment l'explosion de la musique black, ou l'émergence d'un acteur comme Sydney Poitier. Voyez ce qu'il en est aujourd'hui : Jamie Foxx est l'un des meilleurs acteurs du monde, Jennifer Hudson et Beyoncé sont des artistes très en vue... Et tout ça grâce au combat de ces gens dans les années 60. Quels sont les impératifs quand on porte à l'écran une comédie musicale qui a remporté un grand succès sur les scènes de Broadway ? Bill Condon (réalisateur) : Tellement de choses ! Evidemment le plus difficile est de s'approprier les chansons et de les adapter dans le film, de façon à faire en sorte que l'association des deux (histoire et chansons) ne fassent qu'un seul bloc.
Dreamgirls est très fortement inspiré de l'univers Motown. Quel impact a eu personnellement la Motown pour vous ? Quelles sont vos références ? Danny Glover : Excusez-moi, mais je crois que je suis à nouveau le seul à pouvoir répondre ! Comme je vous disais, on assistait à l'arrivée d'un nouveau mouvement, plus frais... J'ai adoré The Temptations, Robinson, etc... Les jeunes cherchaient dans cette musique leur identité, on se cherchait politiquement et c'est ce que réflétait la Motown. Prenez un mec comme Stevie Wonder : juste avec ses petits doigts, il vous emmnait ailleurs !
Eddie Murphy est clairement inspiré de James Brown... Bill Condon (réalisateur) : Je ne dirais pas ça... Disons plutôt que Eddie Murphy a capturé l'essence de James Brown (rires).
Pourquoi selon vous y a-t-il autant de films sur la communauté noire ces dernières années ? Bill Condon (réalisateur) : Pour être franc, parce qu'il y a du fric à se faire... Les films avec des stars black à l'affiche marchent aussi bien, si ce n'est mieux, que les "autres" films. Et aussi, parce qu'il y a également de beaux projets à monter. Jennifer Hudson, pour votre premier rôle, vous crevez l'écran (elle a remporté un Golden Globe et un Oscar, ndlr)... Comment vous êtes-vous préparée ? Jennifer Hudson : Bill Conlon, le réalisateur, a été très précis avec moi. J'étais constamment trop dans l'émotion. Je ne faisais pas exprès, car j'avais tendance à me confondre avec mon propre rôle. Ce qui fait que celle qui pleurait à l'écran, c'était moi, pas mon personnage ! On assiste à une nouvelle génération de chanteurs R'n'B masculins comme vous Jamie Foxx, tandis qu'une autre se termine, avec les morts récentes de James Brown et Ray Charles... Jamie Foxx : Oui c'est triste. En plus en tant que business, je considère moi-même que la musique est terminée, avec le téléchargement pirate. Mais quand j'ai parfois la possibilité de faire un concert, je vous jure que j'y prends un plaisir phénoménal... Notre seule solution aujourd'hui, c'est de laisser notre trace, à notre façon, dans l'histoire.
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