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 PORTRAIT 
18/09/2006
Nicolas Cage
Le Fauve d'Hollywood

© SND
 
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Biographie  
Né le 7 janvier 1964 à Long Beach (Californie)
Acteur bien né

Le visage allongé, presque émacié, le corps tendu comme un arc, l'oeil tantôt torve tantôt fou : Nicolas Cage ne passe pas inaperçu sur un écran. Sa manière de se déplacer, de bouger, évoque un fauve prêt à bondir sur sa proie. C'est cette présence, quasi animale, qui séduira des cinéastes aussi différents que David Lynch, Brian De Palma, Michael Bay, Mike Figgis ou John Woo. Lorsque l'on est le neveu d'une légende d'Hollywood comme Francis Ford Coppola, difficile d'échapper à son destin...

Liens familiaux
Le jeune Nicholas Kim Coppola avait-il déjà conscience de son charisme lorsque, à 6 ans, il imitait les acteurs sur le chemin qui le conduisait à l'école ? Pas sûr. Mais ses parents peut-être. Sa mère chorégraphe et son père professeur de littérature l'ont en tout cas encouragé à persévérer dans cette voie. Résultat, il monte sur les planches à l'âge de 17 ans et part tenter sa chance à Los Angeles dans la foulée. Première décision : changer de patronyme. L'aura de Coppola est un poids trop lourd pour le jeune acteur, une chappe de plomb qui l'empêche d'exister par et pour lui-même. Nicholas Coppola devient alors Nicolas Cage, en hommage à Luke Cage, super-héros qui a bercé son enfance. Mais cette rupture familiale n'est pas consommée : après quelques rôles oubliés et oubliables, c'est bel et bien tonton Coppola qui lui offre son premier rôle important dans Rusty James, aux côtés de Mickey Rourke, Matt Dillon et Diane Lane. Il récidivera un an plus tard, en 1984, en lui proposant un personnage de gangster dans Cotton Club. Des débuts prometteurs qui convainquent Alan Parker de lui confier l'un des rôles principaux de Birdy, un drame carcéral sélectionné au festival de Cannes. Nicolas Cage y est exceptionnel.
Performances d'acteur

Sa carrière lancée, Nicolas Cage va alterner les rôles et les genres. En 10 ans, il tournera presque vingt films. On le retrouve aux génériques d'une comédie délirante (Arizona Junior), d'un film d'horreur (Embrasse-moi vampire), d'un polar (Red Rock West), d'un ersatz de Top Gun (Fire Birds)... L'acteur démontre sa capacité à changer de peau et de style, sans jamais se départir de son magnétisme étrange. Un goût pour l'éclectisme qui culminera en 1990 dans Sailor et Lula, film insaisissable (David Lynch oblige...) où le fantastique se mêle au polar, au road-movie et à la comédie musicale. Nicolas Cage, vêtu d'une veste en peau de serpent, livre une remarquable composition, toujours au bord de l'explosion. Mais c'est en 1995 qu'il est officiellement adoubé par ses pairs. Dans Leaving Las Vegas de Mike Figgis, son interprétation d'alcoolique dépressif est bouleversante et il reçoit logiquement l'Oscar du Meilleur acteur. A la même époque, il épouse Patricia Arquette (ils divorceront 6 ans plus tard).

Star du cinéma d'action

Jusqu'alors, personne ou presque ne voyait en Cage un héros. Loser, méchant, dingue, malade... Il a tout joué sauf les sauveurs du monde, les icônes indestructibles, bref, ces rôles habituellement réservés aux Tom Cruise, Bruce Willis, Mel Gibson et consorts. Paradoxal lorsque l'on connait sa passion dévorante pour les super-héros, leurs pouvoirs et leurs résonnances mythologiques. C'est Jerry Bruckheimer, producteur spécialiste du genre, qui, le premier, voit en Nicolas Cage une future star du cinéma d'action : Rock sera son ticket vers les blockbusters pétaradants. Un an plus tard, Les Ailes de l'Enfer, toujours produit par l'écurie Bruckheimer, le confirme dans ce nouveau rôle de héros musclé et courageux. Mais les deux films effleuraient à peine le potentiel de l'acteur. Seul John Woo, dans Volte-Face, parviendra à exploiter tout le talent de Cage sans jamais sacrifier le spectacle pyrotechnique. Du grand art. En parallèle, Nicolas Cage persiste dans l'éclectisme en jouant les flics ripoux pour De Palma (le virtuose Snake Eyes), les policiers névrosés chez Schumacher (le racoleur 8mm), les ambulanciers insomniaques pour Scorsese (l'hallucinatoire A Tombeau ouvert), les arnaqueurs obsessionnels pour Ridley Scott (Les Associés)... Il a même manqué de devenir Superman devant la caméra de Tim Burton, mais le projet sera enterré par la Warner en 1997.

Enfin super-héros

Récemment, Nicolas Cage s'est illustré dans le vertigineux Adaptation de Spike Jonze (2003) pour lequel il sera nommé à l'Oscar du Meilleur acteur. Cette année, on a pu le voir en marchand d'armes cynique et gouailleur dans Lord of War et en policier moustachu dans le larmoyant World Trade Center. Plus que jamais, il persiste à changer les rôles et les plaisirs. C'est ainsi que, l'an prochain, on pourra le découvrir en motard revenu des enfers dans Ghost Rider. C'est la première fois que Cage interprétera un super-héros à l'écran. De quoi se montrer enfin digne de son patronyme, mais aussi de son deuxième fils prénommé Kal-el, l'autre nom de Superman... On ne se refait pas.

Nicolas Cage : Filmographie
 
 Julien Abadie, L'InternauteCinéma
Magazine Cinéma
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