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"Jouer, pour moi, c'est soustraire, ce n'est pas ajouter. Il y a du vide qui se remplit par les gestes et les mots, et c'est du plaisir. Je ne pense à rien. Il y a une absence à moi-même, une coupure d'avec le monde"
("Elle", Mai 2004)
"Je ne suis peut-être pas populaire pour certains, mais très populaire pour d'autres. Je ne sais pas trop comment faire pour l'être pour tout le monde. Peut-être cela suppose-t-il davantage de don de soi, une forme de générosité que je n'ai pas forcément. Il faut être ce qu'on a envie d'être ! Pourquoi entrer d'un coup dans le schéma de quelqu'un qu'on n'est pas ?
" ("Questions de Femmes",
Novembre 2003)
"Faire du cinéma, c'est brouiller les repères, par pure nécessité. C'est un travail, il s'agit chaque fois d'inventer une figure nouvelle. Je ne me souviens plus d'avoir voulu être actrice, c'est une évidence qui s'impose plus par défaut que par une véritable aptitude. J'ai l'impression que c'est ça être actrice pour moi, c'est l'ultime recours. Tout à coup, on arrive à ça : une somme d'incapacités qu'on transforme en aptitudes, et on y arrive très bien, d'ailleurs. C'est un terreau fertile pour ce qui ne va pas et se transforme positivement. Être actrice, c'est arriver à exprimer à tout prix ce qu'on veut dire, et qu'on n'arriverait pas à dire autrement. En plongeant au cœur de soi, on atteint l'autre. Enfin, on espère.
("Madame Figaro", Octobre 2003)
"Il faut avoir beaucoup de croyance, de foi, pour jouer. Et aussi, bien sûr, en celui qui vous filme. On a intérêt à bien le choisir. Mais, après, c'est un sentiment si enivrant de se sentir menée comme ça… Il y a une sorte de jouissance à se mouvoir selon la vision que quelqu'un a de vous. C'est un sentiment extraordinaire. Ça m'est déjà arrivé de voir de mauvais acteurs, de les observer… eh bien, un mauvais acteur, c'est quelqu'un de sceptique, de trop conscient de soi, et qui, justement, ne croit pas, n'y croit pas."
("Studio Magazine", Septembre 2002)
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