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Les courants marins et les tempêtes ont créé
au cours des siècles une bande sablonneuse émergeant des flots,
dont la base s'accroche à un socle granitique. Longuement
peaufinée par les vagues et les vents, la forme de l'île
semble s'être stabilisée, présentant une
longueur de 25 km pour une largeur variant de 500 mètres
à 15 km. Depuis 1971 seulement, un pont la relie en
permanence à la terre, offrant une alternative au singulier
passage du Gois. Cette chaussée d'environ 4 500 mètres
de longueur ne laisse en effet passer le promeneur que durant
les quelques 3 ou 4 heures de marée basse. Le mot "gois"
vient d'ailleurs de la déformation du mot "goiser" qui signifie
en patois : marcher en mouillant ses sabots. Cette île
très sauvage recèle néanmoins une incroyable
douceur. Surnommée l'île aux mimosas, elle bénéficie
d'un microclimat et cache derrière ses remparts de
sable des sous-bois parfumés et des marais salants
bleutés.
A l'assaut
de l'histoire
L'histoire
de Noirmoutier ressemble aux flots qui l'encerclent :
mouvementés et sauvages. Pillages, batailles, débarquements,
combats marquèrent ce territoire indomptable. Le premier
nom de Noirmoutier fut l'île d'Her, et son histoire débuta
aux environs de 674, lorsque le moine Saint Philibert arriva
sur l'île et encouragea la population à mettre son sol en
valeur. C'est la richesse de celui-ci, gorgé "d'or
blanc", qui attisa les convoitises. Les premières traces
d'une fortification remontent aux alentours de l'an 800. Un
simple "castrum", bute de terre entourée d'un fossé rempli
d'eau, fut alors construit pour protéger la population des
invasions des Vikings. A la fin du XIIème siècle, le château
fut mis en chantier, en même temps que s'instaurait un pouvoir
féodal. Les seigneurs de la Garnache assurèrent la
protection de l'île, et édifièrent un donjon massif
et rectangulaire, dont chaque angle fut flanqué de tourelles
pourvues de meurtrières. Cette architecture défensive prouva
son utilité aux cours des siècles : contre les Anglais tout
d'abord, en 1342, 1360 et 1386, qui échouent dans leurs tentatives
d'invasion, puis contre les Espagnols ensuite, qui attaquèrent
l'île en 1524 puis en 1588, et échouèrent à leur tour.
Finalement, le château céda devant les troupes hollandaises
de l'amiral Tromp en 1674. Quand les temps vinrent où le château
fut désarmé, il servit de prison militaire, notamment pendant
la Révolution, puis lors de la Commune en 1871. Aujourd'hui,
en ces temps plus paisibles, il abrite l'association "Les
amis de Noirmoutier" qui a pour mission de réunir et de conserver
toutes les archives de l'île.
L'histoire de l'île est aussi celle de son apprivoisement
par l'homme. Dès le bas Moyen Age en effet, ce dernier apprit
à consolider les dépôts de boues amenés par les marées en
les ceinturant de digues. Peu à peu, Noirmoutier pu se solidifier
et s'étaler. A partir du XVIIème siècle, cette colonisation
des terres s'organisa de façon méthodique. Des centaines
d'hectares furent asséchés, selon des techniques issues des
procédés flamands. La création de polders (région basse conquise
sur la mer et mise en valeur) se poursuivit au cours du XIXème
siècle, et les terres ainsi appropriées furent vouées
à la culture céréalière ou aux prairies pâturées. D'autres
furent laissés en eau et servirent pour les besoins salinicoles.
A partir des années 1900, le tourisme s'épanouit sur l'île,
et ouvrit une page d'histoire apaisée…
Les multiples
facettes de l'île
Les
ruelles étroites du centre ville de Noirmoutier permettent
de découvrir de beaux hôtels particuliers du XVIIIème siècle,
notamment l'hôtel Lebreton des Grapillères et l'hôtel Jacobsen,
bordant la place d'Armes, et dominés par le château.
Les chaleureuses maisons basses présentent de blanches
façades fleuries, aux volets colorés. L'église
Saint Philbert, ancienne abbatiale bénédictine au style à
la fois roman et gothique, se dresse dans cet ensemble et
recèle une belle crypte du XIème siècle, ainsi que le tombeau
du moine St Philbert. Surplombant l'ensemble, le château
du XIIème siècle a conservé tout son
charme. Vestige médiéval, il forme une enceinte
massive et offre de belles perspectives sur la ville, les
marais salants et l'océan. Son donjon du XIème siècle abrite
un musée sur l'histoire de l'île local qui présente le patrimoine
noirmoutin, ainsi qu'une importante collection de faïences
anglaises.
En longeant la digue Jacobsen, on découvre les marais salants
et sauvages où se nichent de nombreuses espèces d'oiseaux.
Dès la préhistoire, le sel était récolté à Noirmoutier, et,
à partir du Vème siècle, les moines Bénédictins commencèrent
à transformer les marais humides en marais salants, par d'importants
travaux de drainage. De nos jours, la production est d'environ
1 500 tonnes de sel marin par bonne année. L'or blanc
de Noirmoutier, la Fleur de Sel, est récolté artisanalement,
dans le respect de 1600 ans de tradition.
Plus loin, le bois de la chaise propose, en bordure d'océan,
une halte entre ses pins maritimes, ses chênes verts, et ses
mimosas …et apparaît comme un air de Méditerranée perdu
au bord de l'Atlantique. En son sein se nichent les villas
typiques de Noirmoutier, blanchies à la chaux, couvertes de
tuiles roses et enveloppées de fleurs. Enfin, la promenade
des Souzeaux propose une balade ombragée en longeant l'océan
et en traversant des criques boisées.
De nombreuses
activités
- Le musée des traditions : il évoque les activités
de l'île liées à la mer ou à la terre et présente de riches
collections de meubles traditionnels, d'objets quotidiens,
ainsi que des costumes et des coiffes.
- Le musée de la construction navale : cette ancienne
salorge (grenier à sel) est un bâtiment traditionnel en bois,
consacré aux activités maritimes traditionnelles. Le lieu
a conservé l'âme de l'atelier et permet aux visiteurs de découvrir
les techniques de construction des bateaux en bois.
- Les écluses de Noirmoutier : aménagé dans un blauckaus
de la seconde guerre mondiale, cet espace muséologique est
destiné à présenter la flore, la faune de l'estran (partie
du littoral située entre les hautes et les basses mers) ainsi
que l'histoire des pêcheries du littoral atlantique.
- L'île aux papillons : des centaines de papillons
venus de tous les continents volent dans cette énorme serre
en totale liberté au milieu de plantes et de fleurs tropicales.
- Sealand : le "pays des mers", l'aquarium de Noirmoutier,
explore le monde des mers froides ou tropicales. On y découvre,
tout en parcourant la faune et la flore marine, le spectacle
des otaries.
- Le nautisme : l'image de Noirmoutier est indissociablement
liée à la mer, mais aussi au nautisme. Sa flotte traditionnelle
est en effet certainement la plus importante de la région,
et deux évènements majeurs ponctuent le calendrier de Noirmoutier
: la Lancel Classic et les régates du Bois de la Chaise, nées
il y a plus de 100 ans, qui réunissent chaque été des centaines
de navigateurs remontant le chenal pour atteindre la place
d'arme, aux pieds du château.
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