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 ESCAPADE 
Avril 2006

Montpellier, une intellectuelle en Méditerranée

Empreinte de l'esprit qu'y ont fait souffler les savants, les médecins et les penseurs, modelée par une architecture étonnante mêlant l'ancien et le moderne, Montpellier rayonne sous le soleil de Méditerranée.

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Pratique
Situation : dans l'Hérault, en Languedoc-Roussillon
Y aller :
en voiture : 750 km de Paris, 170 km de Marseille, et 480 km de Bordeaux
en train : 3h20 en TGV depuis Paris
en avion : vols directs depuis Paris et des grandes villes françaises
Office du tourisme: 30 allée Jean de Lattre de Tassigny - 34000 Montpellier -
Tel : 04 67 60 60 60
Sur le Web : www.ot-montpellier.fr
Restaurants : Montpellier
Encyclopédie des villes : Montpellier

Histoire d'une capitale en Languedoc
Le nom de Montpellier apparaît pour la première fois en 985, lors d'une donation du comté de Melgueil. Son histoire débute donc seulement à la fin du Xème siècle, avec la construction d'un bourg fortifié doté d'un château et d'une chapelle. Rapidement, la ville se développe et attire doreurs, orfèvres, drapiers et changeurs. Son rayonnement économique et culturel lui confère une position de pôle d'échanges entre le nord de l'Europe, l'Espagne et le bassin méditerranéen. Une université de médecine puis une école de droit sont créées, ajoutant une aura intellectuelle à la ville. Montpellier est vendue au royaume de France en 1349.

Au cours de la seconde moitié du XIVème siècle, des épidémies successives déciment plus du tiers de sa population. Ce n'est qu'à partir du XVème siècle que la ville se redresse économiquement grâce au génie mercantile de Jacques Cœur, grand argentier du roi Charles XII. La Faculté de Médecine de Montpellier bénéficie alors de la création d'un Jardin des Plantes, qui demeure aujourd'hui le plus ancien de France.

Au XVIème siècle, les luttes religieuses entre catholiques et réformés ensanglantent le pays. Elles ne prennent fin qu'avec l'intervention des troupes de Louis XIII et le siège de Montpellier en 1622. Une fois la paix retrouvée, un projet d'urbanisation de très grande ampleur est entrepris dans le but de faire de Montpellier une ville moderne capable d'assumer le rôle de capitale de la province française du Languedoc. C'est sous le règne de Louis XIV que les changements les plus spectaculaires sont réalisés, avec la construction d'élégants hôtels particuliers, des fameuses villas "folies" ainsi que de nombreux édifices religieux, militaires et publics. La métamorphose urbaine se poursuit encore au XIXème siècle, lorsque la ville voit l'édification du Palais de Justice, des églises Sainte-Anne et Saint-Roch et du théâtre. Montpellier prend ainsi, peu à peu, la physionomie qu'elle conservera jusqu'au XXème siècle.

Ville d'architecture
Difficile de résumer en quelques lignes la diversité architecturale de Montpellier, et de faire le tour de ses richesses sans en omettre. Du vieux centre plein de charme, comprenant la plus grande zone piétonne de France, au nouveau quartier d'Antigone, la ville est un subtil mélange de patrimoine historique et d'urbanisme contemporain.

La vieille ville porte le nom d'Ecusson, en raison de sa forme en écu français ancien, proche d'un pentagone. On y découvre, aux détours de rues piétonnes, des cours d'hôtels particuliers, des intérieurs cossus, des places ombragées et des ruelles sinueuses menant à de jolies fontaines. Au cœur du centre ville, la place du Marché aux Fleurs, ornée d'une fontaine d'où s'élève une sculpture du catalan Ochoa, est un point de départ idéal pour partir à la découverte des trésors montpelliérains.

Parmi eux, il faut citer la crypte de Notre-Dame-Des-Tables, de style roman, qui comprend une chapelle basse et des caveaux, ainsi que l'église Saint-Mathieu, qui fut construite par les Dominicains au début du XVIIème siècle, et dont le mobilier comprend des pièces remarquables, comme le retable du Maître d'Autel (1674) et un abondant patrimoine pictural. Installé dans les sous-sols d'un hôtel particulier, le Mikvé, est un bain rituel juif de la fin du XIIème siècle, de style médiéval, et est l'un des mieux conservés en Europe. Construite à la même période, la chapelle des Pénitents-Blancs découvre un plafond à compartiments (1647) dont la décoration, constituée de tableaux représentant la vie du Christ, est une véritable merveille de composition. Caractéristique des grands vaisseaux du gothique méridional, la cathédrale Saint-Pierre impose son style monumental. Enfin, l'église néo-gothique Saint-Roch, du XIXème siècle, abrite les reliques du saint guérisseur des pestiférés dont elle porte le nom.

Un peu plus à l'ouest, la place de la Canourgue, ombragée de micocouliers, permet d'admirer la fontaine des Licornes, animaux fabuleux rappelant les armes de la famille de Castries, ainsi qu'un bel hôtel particulier du XVIIème siècle qui abrite aujourd'hui une annexe du Palais de justice. Enfin, plus au sud, la place de la Comédie, entourée de constructions cossues et élégantes, est fermée à son extrémité par l'Opéra Comédie, théâtre construit en 1888. La fontaine des Trois Grâces occupe le centre de cette place qui constitue, avec l'Esplanade Charles-de-Gaulle qui la prolonge, un vaste espace piétonnier accueillant de nombreuses manifestations culturelles et festives.

Cité de parcs et de fontaines
Parterres à la française, parcs naturalistes à l'anglaise, jardins exotiques, romantiques, botaniques, esplanades, fontaines… En tout, ce sont plus de quarante parcs totalisant près de quatre cents hectares qui parsèment la ville de coins de nature. De la fontaine du Nombre d'Or, nouvellement construite, qui jaillit directement du sol sans bassin ni construction, à la promenade royale du Peyrou, en périphérie de l'Ecusson, les lieux propices à la détente et à la flânerie sont multiples.

Balade ombragée par de nombreux platanes, les jardins de l'esplanade s'agrémentent de bassins, de jets d'eau, d'aires de jeux et de bancs pour se reposer. Plus à l'est, le Champ de Mars est un ancien terrain militaire transformé en jardin public en 1900. Le plus ancien jardin botanique de France, le Jardin des Plantes, créé en 1593 par Henri IV afin de faciliter les recherches des étudiants de la Faculté de Médecine, s'étend sur une surface de 4,5 hectares. Il comprend, outre des serres tropicales, une orangerie du XIXème siècle, une Ecole de Systématique et un superbe jardin anglais. Enfin, les berges du Lez, fleuve côtier reliant Montpellier à la mer, sont agrémentées de passerelles piétonnes et arborées, non loin des nouveaux quartiers d'Antigone.

Les "folies", merveilles champêtres de Montpellier
Au XVIIème siècle, alors qu'il est coutume d'investir sa fortune dans la construction de beaux hôtels particuliers, certains fortunés décident de faire des "folies". Dans les champs, ils bâtissent ces étonnantes demeures inspirées des villas italiennes des environs de Venise, et les entourent de grands parcs. Symbole de prospérité, ces "folies" témoignent d'une époque où le souci de luxe et de raffinement était exceptionnel.

Parmi elles, le château de la Mogère est une "folie" montpelliéraine classique, comprenant un parc, transformé en jardin anglais au siècle dernier, puis reconstitué à la française. Le château de Flaugergues vaut aussi le détour en raison de son originalité, avec un corps central et deux pavillons latéraux qui dominent un jardin en escalier bordé de vignes. Plus loin, le château d'O est surtout connu pour son parc, écrin de verdure et d'eaux vives qui fait figure de musée de l'art des jardins au XVIIIème siècle. L'élégant château de la Piscine révèle une façade sur une cour d'honneur à deux niveaux, avec, de sa façade sud, une ouverture sur une magnifique perspective d'un jardin à la française, orné de statues et de vases monumentaux. Enfin, le château de la Mosson est surtout célèbre en raison d'un étrange destin, qui le condamna au dépeçage et à l'amputation de ses ailes à partir de 1744.

De l'Ecusson aux folies, en passant par cents jardins et mille fontaines, la capitale du Languedoc mérite une halte prolongée. D'autant plus qu'elle s'insère dans une région aux riches atouts, non loin des rives chaleureuses de la Méditerranée, et toute proche des beautés sauvages des marais de Camargue.

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 Elodie Rothan, L'InternauteWeek End
 
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