| Pratique |
Nom : la musique des Acholi,
par l'ensemble de Watmon Amone |
Pays d'origine : Ouganda |
Artistes : Mathew Watmon
Amone, Alex Nyenko, Alex Ojera, Constantin
Odida, Moses Ochola, Paul Okello, Peter Obwona
et Natalia Aciro |
Ecouter : Tipu Pa Acholi,
songs and dances of the Acholi in Uganda,
Pan Records, réédité en 2005 |
Sur le Web : www.mcm.asso.fr |
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La scène est vide, sans décor. Huit personnages entrent et
s'installent nonchalamment. Vêtus simplement de costumes traditionnels,
ils commencent doucement une musique symphonique du bout des
doigts. Quelques tapotements, quelques ondulations de la tête,
et l'on se sent soudain transporté dans une autre contrée,
respirant le soleil et la chaleur humaine. Une gaieté et une
joie de vivre inestimable lorsque l'on connaît leur histoire.
L'Acholiland est situé dans la partie nord de l'Ouganda,
aux confins des immenses plaines désertiques du Soudan méridional.
Les Acholi ont développé une société où les activités pastorales
tiennent une place importante, avec une culture riche de danses,
de musiques et de chants. Sur cette terre, le mythe des origines
raconte en effet que le premier homme, arrière petit fils
de Jok, lui même engendré de Dieu et de la Terre, naquit
avec des clochettes autour des poignets et des chevilles,
et avec des plumes d'autruches sur la tête.
Peuple musicien, ses instruments sont aussi variés qu'étonnants.
On peut citer le "lokeme", un lamellophone dont les lames
entrent en vibration sous les doigts du musicien qui en pince
les extrémités, le "nanga", une harpe arquée qui accompagne
souvent les chants narratifs, ou l' "ennanga", sorte de cithare
à huit cordes.
Formé en 1992, le groupe de Watmon Amone est aujourd'hui
le groupe le plus réputé d'Ouganda. Il est composé
de musiciens, de joueurs de "lokeme" et de "nanga", ainsi
qu'une troupe de danseurs. Il maintient vivante la richesse
culturelle traditionnelle des Acholi.
Depuis vingt ans, ces derniers sont pris en tenaille entre
le gouvernement et la guérilla. Deux millions d'Acholi vivent
ainsi dans des camps de réfugiés, et sont considérés comme
des "personnes déplacées dans leur propre pays". La dureté
et la pauvreté de la vie dans les camps, associées aux atrocités
qu'ont connues ce peuple, détruit peu à peu ce qui leur reste
de dignité et dilapide leurs traditions culturelles.
Contre l'oubli et comme témoignage d'un peuple, leurs
chants, toujours vivants, sont à la fois cri de douleur
et d'espoir, avec toujours, comme marque de noblesse et de
bravoure, un sourire prêt à jaillir.
En savoir plus : IRIN,
l'office de coordination des affaires humanitaires de l'ONU
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