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Jean Auguste Dominique Ingres a vécu de 1780 à 1867, mais ce n'est qu'en 1967 que sont révélés quinze dessins érotiques, par José Cabanis, dans une revue toulousaine. Cette révélation d'une partie de la collection de Montauban, partie qui avait jusque-là été consciencieusement passée sous silence, fît scandale.
Jusqu'à aujourd'hui, la facette érotique de l'uvre du Maître ne saurait plaire à tout le monde. Elle est pourtant essentielle, d'une part à la compréhension et l'analyse de ses plus belles peintures ; d'autre part, les dessins eux-mêmes, aussi érotiques soient-ils, méritant le statut qu'on leur refuse.
C'est cette facette, passionnante car encore peu explorée, que nous propose
de découvrir l'ouvrage dirigé par Stéphane Guégan, commissaire de l'exposition "Ingres (1780-1867)" au Louvre. Historien et critique d'art, il a publié plusieurs ouvrages, dont "Gauguin, le sauvage imaginaire", ou "Delacroix, l'enfer et l'atelier". Il est l'auteur des textes qui accompagnent les reproductions des uvres, guidant notre regard jusqu'au creux des détails, et notre compréhension jusqu'aux anecdotes de l'histoire de la peinture.
Tentation, séduction, désirs interdits,... dix courts chapitres généreusement illustrés donnent à voir le chemin que fait l'idée du peintre, de l'inspiration par un mythe, par un conte ou peut-être même par un modèle, jusqu'au tableau final, en passant par les croquis qui découpent l'ensemble en une parcellisation de détails. La fougue du peintre se tempère et trouve un équilibre lors de l'éxecution de son uvre peinte, qui elle-même, il n'est pas inutile de le rappeler, choquait dans les salons.
Cet ouvrage se fait essentiel, car les dessins qu'il révèle ne seront pas exposés, ni au Louvre, ni à Montauban... ce que sa lecture nous font vivement regretter.
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