L'auteur allemand s'est fait connaître avec Le parfum, roman à l'humour noir irrésistible, où le héros Grenouille manigance pour sa gloire dans un Paris Moyenâgeux, grâce à un sens olfactif surdéveloppé. En 1998 il travaille avec Sempé pour L'histoire de Monsieur Sommer.
Sur l'amour et la mort revisite quelques grands classiques de la littérature, et transforme sous notre nez quelques sentences philosophiques en boutades. Le court essai délibère des questions faussement naïves de l'amour avec la maturité d'un auteur d'un certain âge, c'est à dire avec recul, humour, et jouant de comparaisons vives et inattendues. A l'instar de Saint Augustin parlant du temps, Süskind rit de voir que plus on tente d'expliquer l'amour, moins on en sait. Les scientifiques peuvent bien expliquer qu'il s'agit de réactions chimiques, mais est-ce que cela nous avance plus dans la connaissance du phénomène ?
Trois exemples de la vie quotidienne croqués par l'auteur contrebalancent certaines théories philosophiques choisies ; et après cette lecture aux héros peu édifiants on se demande ce que peut bien être Eros. La moquerie tendre de l'auteur envers le genre humain, son absurdité intrinsèque et son ridicule incurable, nous rend bien plus indulgents.
Quel paradoxe que l'amour, qui transforme les amants en simples d'esprit, et qui unanimement est considéré comme le plus sublime des sentiments !
Ce n'est que dans les lignes de la page 41 que la mort fait son apparition, introduisant dans l'essai Thanatos aux côtés d'Eros. Sont convoqués Oscar Wilde, Stendhal, Kleist, Goethe, Richard Wagner, dans des mises en parallèles et des mises en boîtes facétieuses. Quand l'amour trouve sa sublimation avec la mort, dans la mort, ou encore et surtout contre la mort...Orphée et son Eurydice, sarcastiquement comparés à Jésus et son Saint Lazare, viennent clore un essai des plus réjouissants.
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