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Dossier
 
Juin 2007

Se faire publier : quelle maison d'édition choisir ?

Des plus anciennes et prestigieuses maisons d'édition aux plus petites et plus récentes, chacune a une ligne éditoriale particulière. Pour envoyer un manuscrit, il faut cibler.
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Sur le nombre grandissant de manuscrits que reçoivent les maisons d'édition, moins d'1% est retenu pour une éventuelle publication.Les éditeurs doivent faire des choix.

Certaines maisons, les petites mais aussi quelques grandes, travaillent encore "à l'ancienne" : les éditeurs prennent le temps de lire les manuscrits, un à un. D'autres cependant, font appel à un comité de lecture, une équipe chargée à plein temps de faire le tri. Les premiers romans sont en général peu rentables : tirés à 3000 exemplaires, ils dépassent rarement les 500 exemplaires vendus. Lorsque un éditeur publie un écrivain encore inconnu, c'est un pari qu'il prend.
Pour la rémunération de leurs nouveaux auteurs, rares sont les maisons qui proposent un chèque d'avance. Une fois le livre publié, l'auteur touchera 10 à 15% des ventes.

Chaque maison d'édition aime à suivre une orientation qui lui est propre. Avant d'envoyer un manuscrit, il faut se renseigner, et surtout, lire les auteurs. Il faut savoir aussi que les maisons mères cachent souvent de plus petits éditeurs. Plus l'envoi est ciblé, plus un manuscrit aura de chance d'être apprécié à sa juste valeur.

Les plus anciennes

Certaines grandes maisons d'édition ont plus de cent ans d'âge. Mais leur prestige ne les empêche pas de découvrir de jeunes auteurs et de publier leur premier roman.

Chez Gallimard, sur 30 romans publiés à la rentrée, on peut compter 6 premiers romans, ce qui est une bonne moyenne.
Flammarion précise que ne sont acceptées ni nouvelles, ni poésies, ni autobiographies : sont conseillées les fictions de plus de 100 pages. A la rentrée 2005, cette maison publie le premier roman de Paul Jimenes, qui a 23 ans.
Fayard est plus classique et mise sur des noms connus. Leurs auteurs phares : Georges Simenon, Thomas Mann ou encore Régine Deforge.
Grasset, qui publie 140 livres par an, romans et essais confondus, a fait sa gloire avec les écrivains Proust, Cendrars, Cocteau ou encore Jean Giono. Aujourd'hui, on peut citer Umberto Eco ou Virginie Despentes.
Albin Michel, centenaire, est l'éditeur d'Amélie Nothomb, d'Eliette Abécassis, mais aussi de Bernard Werber. Cet éditeur reçoit plus de 500 manuscrits par mois, dont moins de 5 sont retenus.


Plus petites, mais pas moins exigeantes

Les éditions Actes Sud se sont spécialisées dans les découvertes en littérature étrangère.
L'Harmattan
, carrefour des cultures, se définit comme étant pluriethnique.
La Martinière
et le Seuil ont fusionné : spécialisés dans la bande-dessinée et les beaux livres, ils publient également des romans, dont ceux de Lydie Salvayre ou Henning Mankell.
L'Arche
s'intéresse plus particulièrement aux sciences humaines : philosophie, esthétique, mais publie aussi du théâtre contemporain.
Samuel Beckett, Alain Robbe-Grillet, et beaucoup d'auteurs du Nouveau Roman ont donnés aux Editions De Minuit leur ligne éditoriale.
P.O.L
., filiale de Gallimard, se caractérise par le choix d'écritures expérimentales et conceptuelles.
Les éditions du Cherche-Midi publient romans et poésie.
Enfin, Le Dilettante s'attache à découvrir de jeunes auteurs : Anna Gavalda ou encore Vincent Ravalec ont fait leurs premiers pas chez cet éditeur.

Chez qui ont-ils publié leur premier roman ?

Maintenant appréciés par des milliers de lecteurs, ces auteurs ont aussi connu les joies des débutants. Entre écrivain et maison d'édition, c'est un peu comme une histoire d'amour : beaucoup sont restés fidèles, d'autres ont eu un parcours plus mouvementé.
Michel Houellebecq publie son premier recueil de poèmes chez La Différence, et c'est l'éditeur Maurice Nadeau qui a cru en lui pour son premier roman. Amelie Nothomb fait ses premiers pas chez Albin Michel, avec Hygiène de l'assassin. Gallimard a eu confiance en Alexandre Jardin, et publie Bille en tête. La maison parie aussi sur François Weyergans et son premier roman Le pitre, et sur Nina Bouraoui. Le premier roman de Marc Lévy est publié chez Robert Laffont, Anna Gavalda, publie son premier recueil de nouvelles chez Le Dilettante, quand à Jean-Philippe Toussaint, il est resté fidèle depuis ses débuts aux Editions de Minuit. C'est le succès pour eux maintenant, mais leurs débuts furent discrets : Eliette Abécassis publie son premier roman aux éditions Ramsay, Philippe Claudel aux éditions Balland. Pour ses premiers écrits, Amen, Yasmina Khadra publie à compte d'auteur.


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