L'être humain en prise avec la machine
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| Photo © H&K, Marianne Rosenstiehl |
» Titre : "Grande Jonction"
» Auteur : Maurice Dantec
» Editeur : Albin Michel (23 août 2006)
» Genre : Science-fiction
» Public : Aux passionnés de Science-fiction paranoïde à la Philip K. Dick dont le style de ce roman est proche, mais aussi aux fans de rock, aux philosophes et aux mystiques ! Petite précision : ce roman est la suite de "Cosmos Incorporated" qu’il vaut mieux avoir lu avant de se lancer dans "Grande Jonction".
» Résumé : Dans les années 2050 la métastructure, sorte de gigantesque ordinateur contrôlant jusqu’aux émotions humaines, a subi une grave attaque virale. En découle la chute d’une bonne partie de la civilisation. Parmi les rescapés, quelques uns vivent à Grande Jonction, quelque part non loin de la frontière entre les Etats-Unis et le Canada. Ils luttent pour résoudre l’énigme de la dévolution numérique qui continue de s’attaquer aux machines électriques et au langage humain. S'aidant de livres en provenance d’une bibliothèque du Vatican, ils espèrent en comprendre les ressorts afin de la stopper. Cette communauté de survivants luttant dans un monde à la "Mad Max" dispose aussi d’un "prophète". Un jeune garçon de 12 ans possède le pouvoir d’arrêter la contamination grâce à sa guitare électrique sur laquelle il rejoue les grands classiques rock, de Pink Floyd à Bowie en passant par Led Zeppelin. Mais devant le nombre toujours croissant de victimes, pourra-t-il à lui seul sauver ce qu'il reste d’humanité ?
» L'avis de la rédaction : Un roman somme toute assez passionnant, et surtout original, mêlant théologie et rock'n roll, dans une intrigue qui sait tenir le lecteur en haleine tout au long de ses 750 pages. La classique prise de contrôle du monde par la machine prend ici une autre tournure, l’évolution de l’espèce humaine elle-même en étant affectée. Une écriture fluide assez poétique et précise, mais parfois un peu lourde car riche en descriptions et énumérations…
» Passages marquants du livre : Difficile de faire le tri car beaucoup de passages très beaux ou très prenants dans ce livre :
"Comme cela devait être bon, suave, délicieux, de vivre à une époque où les hommes mourraient de leur propre main, vivaient dans la peur de l’autre, pensaient en toute liberté au fond de leur cellule. Maintenant la main-qui-tue n’est plus humaine, et elle n’est même plus machinique. Aujourd’hui "l’autre n’existe plus, c’est précisément la prolifération métaphysique du même qui l’a remplacé. Désormais il n’y a plus de prison autre que l’humanité elle-même libre de toute attache".
"Elle ne pouvait se douter, la Bête, la Chose, l’Après-Machine, que la Beauté resterait perpétuellement en mesure d’apparaître comme un authentique mystère, et que ce mystère la dépasserait toujours, car précisément l’infini de la Chose était ce faux infini aristotélicien, numérique et quantitatif, tandis que ce qui animait aussi bien Link de Nova et ses dons paranormaux que Judith Sévigny et sa simple existence singulière se situait dans cet espace transfini, là où rien ne peut être ajouté, là où l’infini quantitatif est dépassé d’emblée, pour laisser la place à l’authentique infinité."
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