
Anatomie d'une passion
» Titre : Journal intime
» Auteur : Nathalie Rheims
» Editeur : Léo Scheer (10 septembre 2007)
» Genre : Roman
» Public :
A ceux qui aiment les romans qui parlent d'amour sans sombrer dans le fleur bleue.
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Nathalie Rheims
Photo © L'Internaute Magazine
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» Résumé :
L'auteur tente le roman d'une passion amoureuse sous la forme d'un journal intime. En convoquant les souvenirs ainsi que les œuvres d'écrivains qui l'ont précédée tels que Michel Butor, Alain Robbe-Grillet, Michel Leiris, Jean-Paul Sartre ou André Gide, l'amoureuse s'auto-analyse et réalise un travail d'écriture dans lequel tout semble encore possible : "Je t'affronte aujourd'hui, à travers cette histoire. J'écris ce journal intime, lueur dans la nuit, éclairant des instants de ma vie, des choses enfuies que j'épingle à ces lignes. Des fragments de ce que nous avons été. Avant que tes cahiers se consument et retournent au néant, je publie les bans de nos noces de cendre."
(p.158)
» L'avis de la rédaction :
L'auteur de la "Lettre d'une amoureuse morte" et de "L'Ombre des autres" signe ici un texte sensible dans lequel les mots se font les derniers témoins d'une passion. Une manière de vivre l'absence de l'autre et de combler le vide laissé par une passion dévastatrice.
» Passages marquants du livre :
"Lorsque je n'écris pas, il ne m'arrive rien. Lorsque j'écris, tu surgis, mais comment t'emporter, te saisir, te garder, toi qui t'en vas toujours ? Chaque jour, recommencer, et tout deviendra possible. Tu prends corps par ces mots. Je t'absorbe dans mes feuilles. Je te parle un langage qui m'est réservé et qui ne peut inscrire ton nom, moi seule le connais".
"Comme la nuit qui tombe, éteindre la douleur de ton absence. Revenir à l'enfance. Dans la cour d'école de la rue Robert-Etienne, penchée sur ma feuille, je traçais d'étranges hiéroglyphes. Une petite fille s'approcha et me demanda ce que signifiaient ces inscriptions.
- J'apprends à être écrivain, comme mon père, lui avais-je fièrement répondu.
C'était tatoué dans mon esprit. Emmitouflée dans cette blouse grise, avec ma première plume sergent-major, j'apprenais à raconter, à desserrer l'étreinte avec les mots qui nous sont offerts". (p.55-56)
"Je voudrais m'endormir dans tes bras, bloquer les horloges, que plus rien ne bouge, que l'air se fige, nous laissant seuls au monde.
Les minutes sont comptées. Sous les draps se tend le linceul et tous se déforme. Fossoyeur, ton heure est venue, c'est le temps des adieux. Porter un être en terre, le recouvrir de sa mémoire, puis graver la stèle et bâtir un tombeau.
Soldat inconnu de mon histoire, je te dresse un mausolée de feuilles. Repose en paix, toi qui peux me tuer d'un geste. Je résiste par les mots, je t'affronte à travers l'écriture".
(p.59)
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Voir aussi : L'interview de l'auteur au Salon du Livre
Du même auteur : L'ombre des autres