Le célèbre auteur du livre "Un sac de bille", Joseph Joffo était présent au Salon du Livre le samedi 24 mars 2007pour dédicacer son nouveau roman "La Guerre à l'italienne". Sur le stand des éditions Livres de Poche, il nous a raconté avec émotion sa plus belle rencontre avec un lecteur.
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Pourquoi participez-vous au Salon du Livre ?
Pour vous dire la vérité, qu'est-ce qu'un auteur ? Un auteur, c'est quelqu'un qui travaille dans la solitude. Contrairement aux comédiens, aux gens de théâtre qui entendent les applaudissements du public, nous, on est devant la feuille blanche. On travaille. Alors venir une fois par an au Salon du Livre et rencontrer le merveilleux public du Livre de poche, c'est extraordinaire !
Quelle est votre plus belle rencontre avec un lecteur ?
Si j'étais un vil flatteur, je dirais que c'est vous !
La plus belle rencontre que j'ai faite, c'est un jeune homme de 12 ans. Il m'a dit : "Vous savez M. Joffo, en face de chez moi, il y a des graffitis. Il est écrit : "A quoi ça sert d'écouter la peur ? ". Je ne comprends pas très bien le sens de cette phrase. Pouvez-vous me l'analyser et me dire pourquoi ?". Un jeune de 12 ans qui vous pose une question comme celle-là, ce n'est pas courant. Je l'ai regardé et je lui dis : "Ecoute ! La peur, qu'est-ce que c'est ? Sur la peur, on pourrait faire un livre. Souviens-toi de la première peur que tu as eue. Pour ma part, je devais avoir 3 ou 4 ans. Ma mère venait m'embrasser et elle éteignait la lumière. Et je restais seul dans le noir. Le noir, c'était le néant, c'était quelque chose que je ne maîtrisais pas. Et j'avais peur ! J'avais peur de me lever, de me cogner. Ca m'a appris peut-être la prudence. Ensuite, j'ai grandi. Il y a eu ensuite la première baffe que j'ai prise. J'avais dû faire une bêtise bien sûr mais j'ai appris que les coups, ça fait mal. Donc, il fallait faire attention à ce que l'on dit. Il y a des tas de peurs comme ça, dont on n'est pas maître bien sûr.
Maintenant, si on prend l'exemple d'Hitler. Le problème réside justement dans le fait qu'on n'a pas eu peur de lui en 1936-38. Les grandes puissances, les grandes démocraties s'imaginaient, à tort ou à raison, qu'elles étaient le seul rempart contre le bolchevisme. Alors, on l'a laissé tout faire. A Munich, on pouvait l'arrêter en 1938, on n'avait qu'à taper du poing sur la table. On a obéi, on a tout donné à Adolf Hitler. On lui a donné la Sarre, on lui a donné le droit d'armer l'Allemagne, les Sudètes, en Autriche, partout...On n'a pas bougé. Et quand enfin, on s'est réveillé, il était trop tard ! On aurait dû avoir peur d'Hitler. Et quand on voit sur quoi Munich a débouché : la deuxième guerre mondiale, 50 millions de morts, hommes, femmes, enfants, toutes races et religions confondues." Vous savez, ce que je peux vous dire et ce que j'ai dit à ce gamin de 12 ans qui est venu me voir : "Ecoutons la peur aujourd'hui, méfions-nous des gens qui prêchent la haine de l'autre, le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie en prîme". Alors, je vous dis, je vous le demande : "Ayons peur de ces hommes politiques d'aujourd'hui qui nous emmènent là où on ne doit pas aller". Voilà à quoi ça sert d'écouter la peur !
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Titre : "La Guerre à l'italienne"
Auteur
: Joseph Joffo
Editeur
: Le Livre de Poche (2006)
Genre
: Roman
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Titre : "Un sac de billes"
Auteur
: Joseph Joffo
Editeur
: Le Livre de Poche (1992)
Genre
: Roman
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