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Jean-Marie Cavada dédicaçait samedi 23 mars son autobiographie intitulée "Une marche dans le siècle", sur le stand de Calmann-Lévy. L'auteur nous dévoile sa vision de la vie et nous parle de la place importante du livre dans son quotidien.

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Quel livre présentez-vous en dédicace ?

Comme tous les auteurs, je viens passer un peu de temps pour rencontrer les lecteurs, bavarder avec eux et présenter le livre que j'ai écrit il y a quelques mois. Il s'appelle "Une marche dans le siècle", j'y décris ce qui a été mon itinéraire, non pas pour le glorifier parce que tout n'est pas glorieux, mais pour montrer que je suis un enfant typique de la République. J'ai dépendu de l'assistance publique qui m'a élevé, du collège, du lycée et des entreprises publiques plus tard. Je veux montrer à travers cet exemple-là la profonde nécessité des services publics de la Nation partout dans le pays car on ne peut pas vivre sans un système dédié à tous, dédié au plus grand nombre. C'est donc la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

Qu'est-ce que ce livre représente pour vous ?

C'est une étape de réflexion sur moi-même : on ne sait jamais très bien qui on est. Ce livre me permet de mieux mesurer ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas bien fait. Je veux contribuer à donner de l'élan et de la confiance aux gens qui ne pensent pas qu'ils ont en eux-mêmes la ressource pour faire, qui ne s'estiment pas. Vous connaissez la fameuse pub "Parce que vous le valez bien" ? Beaucoup de gens ne savent pas qu'ils le valent bien. C'est donc une petite contribution pour le leur faire comprendre.

Quelle est la plus belle leçon que la vie vous ait donné ?

Je n'étais pas destiné à vivre : j'ai vécu la guerre, les bombardements et la maladie, deux fois dans ma vie. Pour moi la vie s'attrape avec les mains. C'est pour cela qu'il faut faire un effort pour attraper soi-même quelque chose, ensuite plusieurs mains se tendront. Regardez les bébés : avez-vous remarqué que leur premier mouvement est d'aller chercher quelque chose avec les mains ? Dès qu'on leur présente des doigts, ils les serrent. Ce mouvement, c'est le principe même de la vie et ce que la vie m'a appris, c'est d'abord la vie.

Ensuite, elle m'a montré que je ne suis pas seul et que sans les autres, je ne suis pas grand chose. Et la troisième chose, c'est que la vie se préserve, qu'il faut se bagarrer, que ça en vaut la peine, qu'il faut en jouir un peu, aussi. Je ne vois aucun souci à profiter de la vie ! Dédier toute sa vie à en profiter me semble insuffisant, mais en profiter un peu, c'est bien.

Puisqu'on est au Salon du Livre, le livre me paraît être une dimension importante de la vie. C'est dans les livres que j'ai appris les idées. La force des idées qui caractérisent des attitudes, c'est dans les livres qu'on les trouve, pas dans la conversation, ni dans la radio, ni à la télévision et assez peu dans la presse écrite.

Comment voyez-vous l'avenir du livre ?

J'espère qu'on aura toujours besoin de papier entre les doigts ! Je ne suis pas non plus contre la consultation des livres sur Internet, mais pour moi c'est illisible. Pour lire une page, il faut en avoir une dizaine entre les mains. Il faut avoir une espèce de mémoire visuelle de ce qui est écrit à la page précédente, éventuellement, la reconsulter. La lecture sur Internet, c'est plus sec. C'est un cœur qui battrait et où je ne vois pas le sang, mais c'est quand même accessible et c'est donc déjà bien !

 

Voir aussi » Portrait de Jean-Marie Cavada


Titre : "Une marche dans le siècle"
Auteur : Jean-Marie Cavada
Editeur : Calmann-Lévy (octobre 2006)
Genre : Autobiographie
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