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EXPOSITION
 
Avril 2007

Chaplin face à Charlot

Après son succès en 2005 au Jeu de Paume à Paris, l'exposition "Chaplin et les images" fait son grand retour et vient inaugurer le nouvel espace montpelliérain dédié à la photographie, le Pavillon Populaire. L'occasion de redécouvrir, jusqu'au 29 avril, cette figure mythique du cinéma muet.

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  • Chaplin et les images
  • Date : 1 mars au 29 avril 2007
  • Lieu : Le Pavillon Populaire
  • Adresse : Esplanade Charles-de-Gaulle, 34 000 Montpellier
  • Horaires :
    du mardi au dimanche de 11h à 19h
  • Sur le Web : Montpellier

Son chapeau melon, ses énormes chaussures noires, sa petite moustache, son pantalon trop large et sa canne tourbillonnante ont fait la renommée de Charlot. Que ce soit dans les années 20 ou aujourd'hui, ce vagabond à la fois si drôle et si touchant n'a nullement perdu de son charme. L'exposition qui lui est consacrée au Pavillon Populaire, vient éclairer les relations qui unissent le personnage de Charlot à son créateur, Charles Spencer Chaplin.

La naissance d'un mythe

Amateurs et spécialistes côtoient curieux de tous âges pour comprendre le personnage et découvrir l'homme-orchestre et l'artiste engagé qui se cachent derrière Charlot. "Chaplin et les images" dévoile les multiples facettes du personnage comme celles de l'acteur qui l'incarne. 250 photographies, 8 projections, une dizaine d'affiches, des albums de presse du studio CHAPLIN ainsi que des témoignages sont ainsi réunis.


Charles Chaplin signant l'affiche de "A Woman of Paris". Photo © Roy Export Company Establishment

Les planches de la Keystone Film Compagny, maison de production où Chaplin fit ses débuts, ont permis de reconstituer la genèse de son personnage. Le coup de foudre de Chaplin pour Charlot est alors évident : "Je n'avais aucune idée du personnage que j'allais jouer. Mais dès l'instant où je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir ce qu'il était. Je commençais à le découvrir et lorsque j'arrivais sur le plateau, il était créé de toutes pièces." Lorsqu'il apparaît pour la première fois en 1914 dans "Pour gagner sa vie", le personnage est loin de l'image mélancolique et sympathique que le public lui connaît. Le premier Charlot est en effet sournois, mesquin et coquin. Le ton est certes comique mais face à la brutalité du personnage, il devient alors antipathique.

Si Chaplin est frustré par cela, il continue à perfectionner son personnage tout en améliorant sa technique de pantomime. Il explore ainsi une vaste gamme d'émotions donnant, au fur et à mesure, des traits différents à Charlot. Le personnage évolue, troquant le masque de méchant pour celui du romantique et de l'humaniste. Chaplin étoffe la psychologie de son personnage. Le rapport aux femmes est un exemple flagrant de cette transformation. Charlot soulève le masque de la goujaterie pour faire apparaître des sentiments plus nobles. Mais c'est en passant à la réalisation que Charlie Chaplin prend définitivement le contrôle de son personnage, de ses ressorts comiques et surtout de son image.

 

Chaplin, le cinéaste


 

 

L'acteur est un homme curieux et passionné et c'est sur les plateaux de tournages qu'il a tout appris, de la réalisation au montage. L'exposition révèle un réalisateur perfectionniste et très imaginatif. Il gère tout, du casting à la mise en scène. Charlie Chaplin déploie des trésors d'inventivité, que ce soit au niveau des décors en studio ou lors de la réalisation de trucages et d'effets en tous genres. La "Ruée vers l'or" qu'il réalise en 1925 témoigne de cette ingéniosité. Il reconstruit en studio un paysage enneigé. Il monte sur roues la façade d'une cabane qui, en bougeant face à une caméra mobile, donne l'impression de monter ou de descendre la pente. Au montage, il rajoute même une scène réalisée sur une maquette en modèle réduit. Il utilise des techniques novatrices. Outre l'aspect matériel des choses, il s'attache également à étayer ses scénarios et à perfectionner ses personnages. Le cinéaste dirige ses comédiens avec passion, allant même jusqu'à interpréter leur rôle pour leur montrer ce qu'il attend d'eux. Il fait venir des professionnels pour s'en inspirer et être le plus proche possible de la réalité, tant dans les gestes que dans l'attitude.

 

Charlie Chaplin boxe avec l'acteur Mack Swain dans son costume de la Ruée vers l'or, arbitré par le vrai boxeur Kid McKoy Photo © Archives de la famille CHAPLIN

Ainsi, pour "Charlot boxeur", Charlie Chaplin fait venir le vrai boxeur Kid McKoy sur le plateau afin de se former au métier de boxeur et apprendre certaines techniques. Il se concentre donc sur la dynamique du mouvement de son personnage qu'il continue bien évidemment de représenter. Il excelle dans la métamorphose de son corps et des objets et s'en sert pour faire passer un message au public. Affranchi des contraintes, Chaplin impose l'existence de Charlot et de son univers. Qu'il soit pompier, agent de police ou soldat, Charlot est associé à une image bien reconnaissable. Tant de fois imité sans jamais être égalé, Charlot est un personnage unique, indissociable de Chaplin.

Charlot et son succès face à Chaplin et ses convictions

Charlot est l'objet de toutes les attentions et provoque à la fois un engouement populaire et une fascination chez les artistes de tous horizons, comme l'attestent les coupures de presse de l'époque. Entre 1910 et 1920, il inspire Fernand Léger qui le transforme en un "Charlot cubiste". Erwin Blumenfeld, quant à lui, le représente dans des dessins à la gouache et des collages. C'est une véritable "Chaplinmania" qui voit le jour.

"Les Temps modernes" s'attache à décrire plus particulièrement le rapport entre les hommes et la machine. C'est le dernier film dans lequel Charlot apparaît. Les Temps modernes (Modern Times), 1936© Mk2Photo

Alors que Charlot connaît son apogée, Charlie Chaplin affirme ses engagements politiques. Or, ses idées antimilitaristes sont loin d'être partagées par le public de l'époque. C'est alors un Charlot engagé qui fait irruption sur les écrans. Les "Lumières de la ville" en 1931 dressent le portrait d'une bourgeoisie oisive qui sombre entre amnésie et éthylisme. Les "Temps modernes" s'attachent plus particulièrement à décrire les rapports entre les hommes et les machines. Mais le summum est atteint en 1940 avec "Le Dictateur" où il ose parler de la barbarie hitlérienne qui sévit en Europe. C'est aussi à la fin de ce film que Charlot réalise son ultime et unique prise de parole sous la voix de Chaplin. Les quelques mots ont une signification particulière. C'est un message de paix et d'espoir qui est adressé au public. Comme l'a souligné alors le cinéaste : "C'est le premier film où l'histoire l'emporte sur le petit vagabond." L'Histoire rattrape aussi le cinéaste, qui, accusé d'activités anti-américaines, se voit refuser l'accès aux Etats-Unis en 1952. Il s'exile par la suite en Suisse avec sa famille.

Cette exposition propose aux visiteurs de découvrir les dessous d'un mythe du cinéma muet. Elle établit ainsi un dialogue entre l'image fixe et l'image animée.

 

» Les films de Chaplin : la liste

En savoir plus : la biographie de Chaplin

 

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EN IMAGES Chaplin et les images
15 photos

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