Klimt,
Schiele, Moser, Kokoschka Vienne 1900 |
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Lieu : Galeries nationales du Grand Palais à Paris |
Date
: jusqu'au 23 janvier 2006 |
Horaire : tous les jours, sauf le mardi de 10h à 20h et
le mercredi de 10h à 22h. |
Tarif : 10 euros et 8 euros en tarif réduit |
Sur
le Web : Grand
Palais | | | Jusqu'au
23 janvier, les galeries nationales du Grand Palais accueillent pour la première
fois à Paris les œuvres de quatre grands artistes qui marquèrent l'histoire de
la peinture viennoise au début du XXème siècle. Gustav Klimt, Egon Schiele, Koloman
Moser et Oscar Kokoschka sont donc à l'honneur avec l'exposition "Vienne1900".
Vienne, une cité en pleine mutation Aborder Vienne au tournant
du XIXème et du XXème siècles, c'est en montrer l'effervescence et les bouleversements
que connaît la capitale de l'empire austro-hongrois. Or, c'est au niveau culturel
que ces changements se font le plus ressentir. En 1897, une association nommée
Sécession voit le jour à Vienne. Elle réunit des artistes dont l'objectif est
de sortir des règles fixées par l'enseignement académique et de présenter de nouvelles
formes artistiques. Les Sécessionnistes
ne veulent pourtant pas mener une quelconque révolution, ils souhaitent seulement
faire évoluer leur art tout en préservant leur héritage. A travers 91 tableaux
et 55 dessins, provenant tous de collections étrangères, cette exposition dresse
le portrait des principaux acteurs de la Sécession Viennoise que sont Klimt, Schiele,
Moser et Kokoschka. Les œuvres présentées, toutes réalisées entre 1890 et 1918,
donnent ainsi un large panorama sur cette évolution qui toucha le langage pictural
autrichien.
Afin de retracer au mieux le parcours de ces peintres de renom
et de ce mouvement, l'exposition a été divisée en 3 sections correspondant aux
codifications traditionnelles de la peinture : Histoires, Paysages et Figures.
Ces groupements thématiques ne suffisant pas, des affinités plastiques ont également
été favorisées. Des critères strictement formels ont donc
permis de mettre en valeur les multiples facettes qui firent le succès des "Sécessionnistes".
Histoires : témoin de l'évolution du vocabulaire formel Commencer
cette exposition par une section sur la peinture d'histoire n'a rien d'exceptionnel.
Cela répond tout simplement à l'ancienne hiérarchie des genres picturaux. Les
œuvres exposées dévoilent la primeur de la science de la composition à laquelle
ces peintres sont parvenus. L'intérêt pictural est en effet supérieur au contenu
même du tableau. Ces
artistes ont donc pour ambition d'atteindre un art monumental. Pour cela, Klimt
et Kokoschka se sont fondés sur des motifs classiques empruntés à la mythologie
grecque ou à la religion chrétienne. Les œuvres historiques, comme Pallas Athéné
peinte par Klimt en 1918, suit la loi de la frontalité. Ce tableau au format carré
s'impose dès l'arrivé du visiteur dans la première salle de l'exposition. La déesse
protectrice des arts tient dans sa main la sculpture de la vérité nue au lieu
de la victoire. Cette métaphore du triomphe de l'avant-garde sur le passé, très
critiquée lorsqu'elle fut présentée en 1898, devient alors le symbole de la Sécession
viennoise. Klimt joue donc plus sur l'allégorie et combine décor et ornementation.
Dans Danaë, par exemple, le parti pris pour l'art décoratif est évident.
Ceci le différencie donc des œuvres de Kokoschka qui sont fondées sur le prisme.
Les angles aigus et les aplats de couleur dominent les peintures de cet artiste.
Son premier tableau religieux, Véronique et la Sainte Face, témoigne de
son admiration pour cette technique qu'il lui permet de se libérer des contraintes
et des règles du réalisme. Moser s'inspire quant à lui des légendes germaniques.
Ainsi Judith et Holophène s'inspirant de l'histoire de Judith dans l'Ancien
Testament, évoque la "femme forte". Il impressionne par la simplification, la
rigueur de sa composition et l'autonomie qu'il accorde à la clarté
des formes. La couleur et la lumière priment dans ses œuvres. Ainsi Vénus dans
la grotte et Le Marcheur ont été créés ensemble comme paire. La grâce
féminine s'oppose à la force masculine. L'ovale domine la composition de ses œuvres.
Le Marcheur dont il fera deux versions est à identifier à Odin. Moser emploient
ainsi de nombreuses variations chromatiques irradiant de couleurs ses tableaux.
Du coup, il s'échappe de ses toiles une certaine énergie. La Lumière, composition
monumentale, consacre la puissance des couleurs. Schiele utilise des sujets plus
personnels comme la naissance, l'amour ou la mort. Ses œuvres comme Mère aveugle,
Mère décédée ou Agonie, sont réalisées essentiellement à base de
motifs ornementaux entrelacés. Les formes s'imbriquent formant une sorte de patchwork.
Dans Le Visionnaire, c'est le thème de la dualité qui est abordé. Le peintre
y est représenté au premier plan accompagné de son alter ego, situé en arrière
plan. Or, ce dernier apparaît comme une menace et symbolise la mort proche. Dans
cette section, on constate que les artistes abandonnent la perspective pour revenir
à la surface réelle des objets sur lesquels ils peignent.
Paysages
entre lumière et obscurité La partie intitulée "Paysages"
présente des tableaux où la nature est très stylisée tout en s'abstenant de classicisme.
Les motifs assez conventionnels laissent présager l'abstraction. Ces tableaux
ne sont pas pour la plupart le résultat de commandes publiques ou privées. Elles
sont réalisées en majorité pour le simple plaisir de l'artiste. Dans la
peinture de paysage, il n'y a aucune tentative
de narration ou de psychologie ce qui laisse la place libre à la recherche formelle.
Chez Klimt comme chez Schiele, la verticalité tient une place importante dans
les peintures de paysage des deux hommes. Sur l'Attersee et Etang Marécageux
de Klimt, l'étendue d'eau est présentée comme une surface verticalisée où le visiteur
doit élever son regard jusqu'à la ligne d'horizon placée en haut de la toile.
L'absence de profondeur est évidente car les deux peintres recherche une structure
bidimensionnelle. Ces éléments se retrouvent dans Maisons avec linges de couleur
de Schiele.
Figures, le point fort des "Sécessionnistes"
Mais cette exposition ne pouvait se faire sans une section "Figures". Ces hommes
n'ont pas grand chose en commun à part leur origine et leur goût pour les portraits.
Ainsi
les 32 tableaux de figures isolées, d'autoportraits et de portraits de groupe
qui sont présentés montrent la manière dont évolue cette catégorie. Le portrait
officiel d'apparat est abandonné au profit d'une représentation plus décorative
des personnes. L'émotion prime sur la technique. C'est ainsi qu'a émergé le portrait
expressionnisme. Dans les portraits que réalisent Schiele et Moser, c'est le regard
qui prime. Klimt préfère les portraits de femme alors que Kokoschka peint plus
les hommes. Les peintures comme les dessins de ces quatre artistes mettent en
lumière la vitalité du monde artistique viennois.
Cette exposition propose
de plonger dans cette ville en pleine mutation en découvrant comment ces peintres
ont fait face à ces bouleversements et ont marqué leur temps.
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