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Juin 2006

La Maison Robert Doisneau expose Hervé Gloaguen

A Gentilly, tout près de Paris, un lieu baptisé par Robert Doisneau fait découvir au public des parcours inédits de photographes.

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Située à Gentilly, la Maison de la photographie Robert Doisneau fut baptisée de son nom par le photographe à l'occasion de ses 80 ans. Il souhaite que ce lieu, en investissant l'hôtel de Paroy, devienne un centre actif et créatif, et non un mausolée. C'est seulement quatre ans plus tard, en 1996, qu'ouvre la Maison, avec une exposition de photographie humaniste intitulée "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?", que Robert Doisneau ne peut malheureusement pas voir puisqu'il décède en 1994. Cette première exposition du lieu, montée par la directrice artistique Annie-Laure Wanaverbecq, rassemble de nombreux grands noms de la photographie, de Lewis Hine, André Kertèsz et August Sander à Martin Parr, Marie-Paule Nègre, et Jean-Louis Courtinat, couvrant ainsi plusieurs époques avec le même soucis d'un œil attentif à la vie humaine dans le monde.

 

  • En savoir plus
  • Lieu : 1 rue de la Division du Général Leclerc, 94250 Gentilly.
    Tel : 01 47 40 88 33
  • Dates et horaires : ouvert mercredi et vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 14h à 19h. Groupes sur rendez-vous.
  • Tarif : 1€50, gratuit pour les moins de 18 ans.

Dix ans d'activités...

Depuis 10 ans l'équipe de la Maison Doisneau, qui s'attriste de ne pas voir assez de lieux dédiés à la photographie humaniste en France, concocte pour combler ce manque d'expositions temporaires, des thématiques larges et diversifiées, à raison de six par an. Celles-ci sont inédites à Paris et dans la région parisienne : 80% de ce que propose le lieu est pensé et mis en œuvre par l'équipe elle-même. On a pu voir ainsi les rétrospectives de David Seymour en 1998 et Georges Rodger en 2000, deux des quatre fondateurs de l'agence Magnum. Si elle présente des photographes qui ont fait l'histoire du genre, la Maison entend aussi faire découvrir au public de nouveaux talents, comme Thomas Dworzak, qui appartient maintenant à l'agence Magnum mais qui était alors peu connu du public.

... pas seulement sur les cimaises

La ligne suivie par le lieu passe ainsi par des travaux engagés, orientés vers le reportage, mais n'exclue pas les approches plus personnelles. Une de ses particularités est de ne pas oublier les contextes indissociables de la photographie, c'est à dire les publications. Plusieurs vitrines déploient journaux, magazines ou même cartes postales afin de montrer les divers circuits empruntés. Par ailleurs, fidèle aux principes de partage et soucis de lien social, l'institution organise depuis 5 ans des ateliers de prise de vue, laboratoire, création et exposition avec les classes primaires de la commune, brillamment dirigés par les photographes Yves Flatard et Jean-Jacques Grezet.

La rétrospective Hervé Gloaguen

 

T. Bone Walker, New York, 1965. Photo © Hervé Gloaguen

L'exposition actuelle est consacrée à un des piliers de la photographie, Hervé Gloaguen. L'un des cofondateurs de l'agence Viva a derrière lui plus de 30 ans de photographie, il n'avait pas encore eu de grande exposition personnelle. Son parcours s'est fait dans la continuité et la diversité, avec une grande fidélité au noir et blanc et en parallèle une exploration de la couleur reflétant un autre état d'esprit. Un univers photographique original, qui ne rentre pas dans les catégories étriquées que le milieu de la photo en France persiste à imposer.

Hervé Gloaguen, une photo sans complexes

Dans sa jeunesse, Hervé Gloaguen fréquente les milieux du théâtre et du cinéma expérimental à Paris, et pratique le jazz New Orleans. Il se forme à la photographie aux côtés de Gilles Ehrmann. A la fin des années 60, il se plonge dans un New-York d'avant-garde, son objectif saisissant les artistes et les musiciens. C'est aussi l'époque de la découverte de la couleur. De retour en France, il fonde avec Claude Dityvon, Guy Le Querrec et plusieurs autres l'agence Vu qui deviendra plus tard Viva. Dans les années 70, il entreprend de grands reportages sur la Pologne, la révolution des œillets au Portugal, la Chute de Saigon, les élections en Italie. Il reste toujours attaché à l'art contemporain et publie avec Anne Tronche un livre sur le sujet. De 1975 à 1995, il développe une série sur Rome vue de nuit, un défi pour la photographie couleur. Tout au long de sa vie et jusqu'à aujourd'hui, la photographie d'Hervé Gloaguen opère des allers-retours entre reportage et sujets artistiques, surmontant par la force de son style les contradictions entre les approches.

C'est cette vie et cette œuvre passionnante que nous fait vivre la Maison de la Photographie Robert Doisneau, à travers le choix des photographies sélectionnées par l'œil avisé de Annie-Laure Wanaverbecq.

 


EN IMAGES Les plus belles photos de l'exposition Gloaguen à la Maison Doisneau
13 photos

 


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