| L'Institut du Monde Arabe revient sur ce qu'il est convenu d'appeler
l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane, entre le VIIIème et le XVème siècle.
Plus de 200 pièces, complétées par des modules audiovisuels, retracent les avancées
scientifiques spectaculaires d'une des périodes les plus fructueuses de l'humanité.
Longtemps réduit ou occulté par l'histoire occidentale, l'apport de cette civilisation
a pourtant été décisif dans l'évolution universelle des sciences. Des
contributions considérables Tous
les héritages scientifiques de la Grèce, de l'Inde, de la Perse et de la Mésopotamie
ont été étudiés, assimilés et appropriés par la civilisation arabo-musulmane,
qui les a, à son tour, perfectionnés. Cette éclosion scientifique puissante
et multiforme a considérablement enrichi des matières aussi diverses que
la médecine, la géométrie, l'astronomie ou la mécanique.
| Pratique |
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Nom : l'âge d'or des sciences arabes |
Lieu : Institut du Monde Arabe |
Commissaire scientifique de l'exposition
: Ahmed
Djebbar |
Adresse
: 1, rue des Fossés Saint-Bernard Place Mohammed-V 75236 Paris cedex
05 Tel : 01 40 51 38 38 |
Dates : jusqu'au 19 mars |
Tarif : 9 € (plein), 7 € (réduit), 5 € (- 26 ans) |
Sur
le Web : www.imarabe.org |
| | Symbole de cet âge d'or, les
mathématiques connurent un essor formidable. Non content d'instaurer le système
de numérotation de un à neuf, encore utilisé aujourd'hui,
d'investir le zéro du statut de nombre, les arabes créèrent
deux nouvelles disciplines, l'algèbre et la trigonométrie. Accordant
également une importance capitale aux astres, ils conçurent le plus
vieil outil pédagogique de l'astronomie : le globe céleste. Sur
terre, comme leur religion exigeait de connaître la position de La Mecque, ils
s'ingénièrent à améliorer la cartographie et inventèrent
les premiers instruments permettant de se repérer dans l'espace. Ce que
les savants de l'époque appelaient "science des procédés ingénieux" étudiait les
techniques permettant d'exploiter les énergies naturelles, telles que l'hydraulique
ou l'éolienne, ainsi que leur prolongements mécaniques, comme l'irrigation, les
moulins ou les systèmes de levage. S'intéressant aussi à la chimie,
ils utilisèrent leurs résultats pour de multiples domaines de la
vie quotidienne, comme la confection de fards, de cosmétiques, de médicaments,
de colorants ou de teintures. Ils cherchèrent par ailleurs à améliorer
le quotidien du peuple, en investissant les champs de la médecine, qui connue
des améliorations substantielles, de l'hygiène et même de la diététique.
Les pratiques chirurgicales furent étudiées, les structures hospitalières se développèrent,
tandis que les savants se penchèrent sur la botanique, la pharmacopée, la zoologie
et l'art vétérinaire. Ainsi,
les avancées des uns profitant aux autres, tous les aspects sociaux, quotidiens,
ou artistiques bénéficièrent des progrès des sciences. L'architecture, par exemple,
appliquait les principes de la géométrie dans ses constructions, tandis que la
décoration puisait dans les mathématiques l'équilibre esthétique
de ses mosaïques. La musique reprit aussi des théorèmes algébriques
pour harmoniser ses sonorités, et... fut elle-même récupérée
pour ses bienfaits thérapeutiques. Cette mélodie médicinale
retentit d'une étrange modernité.
Grandeur
et décadence d'une civilisation Après une période de conquêtes
et de consolidation politique du nouvel empire, la civilisation arabo-musulmane
s'est retrouvée dans une phase de prospérité matérielle et intellectuelle tout
à fait exceptionnelle. L'ampleur de son territoire et l'utilisation d'une
langue commune favorisa les échanges marchands et culturels, tandis que son unité
géopolitique permit une stabilité propice à la recherche scientifique, et que
sa richesse encouragea le développement du mécénat. Mais surtout,
et peut-être avant tout, les élites de cette civilisation gardèrent un
lien étroit avec les savoirs anciens, soit par la conservation des livres, soit
par la perpétuation d'enseignements ou de pratiques savantes. Ce fut donc une
véritable tradition scientifique qui se mit en place dans un empire où
la liberté de pensée et l'esprit de tolérance furent sans cesse soutenus et encouragés.
L'attitude
culturelle de l'époque considérait d'ailleurs "la pratique scientifique comme
un complément pour des sociétés ayant déjà réglé leurs problèmes matériels",
explique Ahmed Djebbar, commissaire scientifique de l'exposition, "et à leurs
yeux, les pays latins de l'époque n'avaient pas atteint le niveau de civilisation
qui les aurait amenés naturellement à s'occuper de science".
Le prophète
Mahomet vécu de 610 à 632, marquant l'année zéro des Musulmans, et fut suivi de
plus de six siècles d'épanouissement intellectuel, social, scientifique et culturel.
C'est seulement à partir du XVème siècle que le processus de déclin de l'activité
scientifique arabe s'enclencha, tandis que les Européens commençaient à
assimiler leur héritage avec les premières traductions latines.
La naissance de l'Islam fut en réalité un fer
de lance de la modernité, accompagnée d'un esprit
d'ouverture et d'une grande tolérance. Celle qui fut
la civilisation du progrès, des recherches scientifiques,
de l'épanouissement culturel, de la curiosité intellectuelle
et de la liberté de pensée n'est-elle plus qu'un rêve,
un mirage enfoui sous les tempêtes de sable ? L'Institut du
Monde Arabe, en tout cas, déterre cette icône du passé et
remet les instruments d'appréciation en adéquation
avec l'histoire. Peut-être elle-même est-elle
interpellée par l'intelligence et l'audace de ses origines
?
En savoir plus : lire
notre présentation sur Ahmed Djebbar
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